Guilty Pleasure | In The Air

À l’opposé de la démarche du patron d’Airbnb, il y a celle du héros d’In The Air qui utilise toutes sortes de ruses et de manipulations pour virer avec doigté, même les plus féroces. Cette comédie aigre-douce raconte l’histoire de Ryan Bingham (George Clooney) qui travaille pour le compte de patrons bien trop lâches pour affronter leurs salariés lors de l’annonce de plans sociaux. 

La vie de Ryan change quand il tombe amoureux mais aussi quand on lui demande de revoir ses méthodes de travail. Lui qui a longueur d’année sillonne les États-Unis en avion, il ne doit plus se déplacer pour des entretiens en face à face, mais faire des économies en privilégiant la… visioconférence.

Dans son travail de recherches préparatoires, le réalisateur Jason Reitman (Thank You For SmokingJuno) a procédé à des interviews de véritables salariés virés pour cause de récession économique en 2008. Bien que cela n’était pas prévu initialement, certains témoignages se retrouvent dans le montage final du film.

En 2010, In The Air est nommé à l’Oscar® dans cinq catégories. Ce très bon film est à voir sur Amazon Prime Video.


Le message d’espoir de Barack Obama

© Pete Souza

Barack Obama se laisse caresser les cheveux par le fils d’un employé de la Maison Blanche, ravi de voir que le Président a les mêmes que lui, le 8 mai 2009. Aujourd’hui, ce petit garçon doit avoir 15 ou 16 ans. Et ses parents ont déjà dû lui apprendre qu’il devait rester très prudent et coopératif lorsqu’il subit un énième contrôle d’un policier blanc, au risque d’être blessé et même de perdre sa vie.

L’espoir anti-raciste suscité par les deux mandats de Barack Obama semble s’être envolé aujourd’hui. Mais cet ex président est un activiste optimiste dans l’âme, il était de tous les combats pour soutenir les communautés noires et pauvres des quartiers sud de Chicago bien avant sa première élection de sénateur. Le 1er juin dernier, il a repris la plume pour un message d’espoir, de paix et d’engagement qu’il a publié sur le site Medium. Aujourd’hui, servons-nous de cette traduction française de son texte par le site Stay Hungry pour analyser ce qui le rend si impactant.

Pourquoi les médias se sont-ils autant fait l’écho du texte de Barack Obama ?

  • Tout d’abord parce qu’il fait de la politique en incitant les jeunes à aller voter, en pleine campagne présidentielle. Il vise une génération qui se sent concernée par la lutte contre le racisme. Si cette frange de la population majoritairement abstentionniste se rend dans les bureaux de vote, cela pourrait donner un sérieux coup de pouce à Joe Biden : “(…) voir l’activisme accru des jeunes ces dernières semaines, de toutes les races et de toutes les origines sociales, me donne de l’espoir.”
  • Parce qu’il fait preuve de hauteur de vue face aux discours pyromanes de Trump. Il milite pour la paix comme les grands leaders noirs qui l’ont précédé, Martin Luther King et Nelson Mandela. Sa prise de parole s’inscrit dans la tradition des appels à la non-violence de toutes celles et tous ceux qui, comme lui en 2009, ont reçu le Prix Nobel de la Paix : “(…) la petite minorité de personnes qui ont eu recours à la violence sous diverses formes, que ce soit par colère véritable ou par simple opportunisme, mettent des innocents en danger.”
  • Parce qu’il exprime sincèrement, sans désir de manipuler, ses croyances et ses valeurs. Il défend l’action publique, à laquelle il est viscéralement attaché : “j’ai entendu certains dire que (…) le vote et la participation à la politique électorale sont une perte de temps. Je ne pourrais pas être plus en désaccord.”
  • Parce qu’il sait faire preuve d’empathie en choisissant les mots justes. Au lieu d’attiser la colère, il met un baume sur les blessures de chacun : “Je reconnais que ces derniers mois ont été durs et décourageants – que la peur, la tristesse, l’incertitude et les difficultés d’une pandémie ont été aggravées par le rappel tragique que les préjugés et l’inégalité façonnent toujours une grande partie de la vie américaine.”
  • Parce qu’il se met à la place de son coeur de cible, en l’occurence les jeunes, pour leur présenter les bénéfices directs de leurs votes, notamment aux élections locales. Ils seront les premiers à profiter des changements s’ils vont voter : “Ce sont les maires et les cadres des comtés qui nomment la plupart des chefs de police et négocient les conventions collectives avec les syndicats de police.”
  • Parce qu’il est porteur d’espoir. Il invite à transformer toute cette colère en énergie positive pour agir concrètement et changer les États-Unis : “Si, à l’avenir, nous pouvons canaliser cette colère justifiée en une action pacifique, soutenue et efficace, alors ce moment peut devenir un véritable tournant dans le long cheminement de notre nation pour être à la hauteur de nos grands idéaux.”
  • Son call-to-action final est direct et efficace : “Mettons-nous au travail.”

Licencier 1900 personnes avec humanité

© David Paul Morris/Bloomberg

Aujourd’hui je vous propose de lire le message que le PDG d’Airbnb, Brian Chesky, adresse à ses salariés le 5 mai dernier. Il est la preuve que l’on peut annoncer avec humanité un plan de licenciement qui concerne un quart des effectifs de son entreprise.

Exhaustive, factuelle et précise, cette annonce est un modèle de communication de changements majeurs dans une organisation. Mais c’est l’empathie et la compassion de son auteur qui la rendent exceptionnelle. Cette crise révèle les compétences de leader de Brian Chesky : honnêteté, vision stratégique, mission de l’entreprise et intelligence émotionnelle

Bien sûr, chaque mot de cette annonce a été minutieusement étudié par les conseillers en communication du PDG d’Airbnb. Pourtant, j’ai la conviction que Brian Chesky en reste l’auteur principal et c’est ce qui en fait toute sa force.

Voici le message que Brian Chesky a envoyé à ses collaborateurs du monde entier :

This is my seventh time talking to you from my house. Each time we’ve talked, I’ve shared good news and bad news, but today I have to share some very sad news. 

When you’ve asked me about layoffs, I’ve said that nothing is off the table. Today, I must confirm that we are reducing the size of the Airbnb workforce. For a company like us whose mission is centered around belonging, this is incredibly difficult to confront, and it will be even harder for those who have to leave Airbnb. I am going to share as many details as I can on how I arrived at this decision, what we are doing for those leaving, and what will happen next. 

Let me start with how we arrived at this decision. We are collectively living through the most harrowing crisis of our lifetime, and as it began to unfold, global travel came to a standstill. Airbnb’s business has been hit hard, with revenue this year forecasted to be less than half of what we earned in 2019. In response, we raised $2 billion in capital and dramatically cut costs that touched nearly every corner of Airbnb. 

While these actions were necessary, it became clear that we would have to go further when we faced two hard truths:

  1. We don’t know exactly when travel will return. 
  2. When travel does return, it will look different. 

While we know Airbnb’s business will fully recover, the changes it will undergo are not temporary or short-lived. Because of this, we need to make more fundamental changes to Airbnb by reducing the size of our workforce around a more focused business strategy. 

Out of our 7,500 Airbnb employees, nearly 1,900 teammates will have to leave Airbnb, comprising around 25% of our company. Since we cannot afford to do everything that we used to, these cuts had to be mapped to a more focused business. 

A more focused business 

Travel in this new world will look different, and we need to evolve Airbnb accordingly. People will want options that are closer to home, safer, and more affordable. But people will also yearn for something that feels like it’s been taken away from them — human connection. When we started Airbnb, it was about belonging and connection. This crisis has sharpened our focus to get back to our roots, back to the basics, back to what is truly special about Airbnb — everyday people who host their homes and offer experiences. 

This means that we will need to reduce our investment in activities that do not directly support the core of our host community. We are pausing our efforts in Transportation and Airbnb Studios, and we have to scale back our investments in Hotels and Lux. 

These decisions are not a reflection of the work from people on these teams, and it does not mean everyone on these teams will be leaving us. Additionally, teams across all of Airbnb will be impacted. Many teams will be reduced in size based on how well they map to where Airbnb is headed. 

How we approached reductions 

It was important that we had a clear set of principles, guided by our core values, for how we would approach reductions in our workforce. These were our guiding principles:

  • Map all reductions to our future business strategy and the capabilities we will need.
  • Do as much as we can for those who are impacted. 
  • Be unwavering in our commitment to diversity. 
  • Optimize for 1:1 communication for those impacted. 
  • Wait to communicate any decisions until all details are landed — transparency of only partial information can make matters worse. 

I have done my best to stay true to these principles.    

Process for making reductions 

Our process started with creating a more focused business strategy built on a sustainable cost model. We assessed how each team mapped to our new strategy, and we determined the size and shape of each team going forward. We then did a comprehensive review of every team member and made decisions based on critical skills, and how well those skills matched our future business needs. 

The result is that we will have to part with teammates that we love and value. We have great people leaving Airbnb, and other companies will be lucky to have them. 

To take care of those that are leaving, we have looked across severance, equity, healthcare, and job support and done our best to treat everyone in a compassionate and thoughtful way. 

Severance

Employees in the US will receive 14 weeks of base pay, plus one additional week for every year at Airbnb. Tenure will be rounded to the nearest year. For example, if someone has been at Airbnb for 3 years and 7 months, they will get an additional 4 weeks of salary, or 18 weeks of total pay. Outside the US, all employees will receive at least 14 weeks of pay, plus tenure increases consistent with their country-specific practices. 

Equity

We are dropping the one-year cliff on equity for everyone we’ve hired in the past year so that everyone departing, regardless of how long they have been here, is a shareholder. Additionally, everyone leaving is eligible for the May 25 vesting date. 

Healthcare

In the midst of a global health crisis of unknown duration, we want to limit the burden of healthcare costs. In the US, we will cover 12 months of health insurance through COBRA. In all other countries, we will cover health insurance costs through the end of 2020. This is because we’re either legally unable to continue coverage, or our current plans will not allow for an extension. We will also provide four months of mental health support through KonTerra. 

Job support

Our goal is to connect our teammates leaving Airbnb with new job opportunities. Here are five ways we can help:

  • Alumni Talent Directory — We will be launching a public-facing website to help teammates leaving find new jobs. Departing employees can opt-in to have profiles, resumes, and work samples accessible to potential employers. 
  • Alumni Placement Team — For the remainder of 2020, a significant portion of Airbnb Recruiting will become an Alumni Placement Team. Recruiters that are staying with Airbnb will provide support to departing employees to help them find their next job.
  • RiseSmart — We are offering four months of career services through RiseSmart, a company that specializes in career transition and job placement services. 
  • Employee Offered Alumni Support — We are encouraging all remaining employees to opt-in to a program to assist departing teammates find their next role.
  • Laptops — A computer is an important tool to find new work, so we are allowing everyone leaving to keep their Apple laptops. 

Here is what will happen next

I want to provide clarity to all of you as soon as possible. We have employees in 24 countries, and the time it will take to provide clarity will vary based on local laws and practices. Some countries require notifications about employment to be received in a very specific way. While our process may differ by country, we have tried to be thoughtful in planning for every employee. 

In the US and Canada, I can provide immediate clarity. Within the next few hours, those of you leaving Airbnb will receive a calendar invite to a departure meeting with a senior leader in your department. It was important to us that wherever we legally could, people were informed in a personal, 1:1 conversation. The final working day for departing employees based in the US and Canada will be Monday, May 11. We felt Monday would give people time to begin taking next steps and say goodbye — we understand and respect how important this is.

Some employees who are staying will have a new role, and will receive a meeting invite with the subject “New Role” to learn more about it. For those of you in the US and Canada who are staying on the Airbnb team, you will not receive a calendar invite.

At 6pm pacific time, I will host a world@ meeting for our Asia-Pacific teams. At 12am pacific time, I will host a world@ meeting for our Europe and Middle East teams. Following each of these meetings, we’ll proceed with next steps in each country based on local practices.

I’ve asked all Airbnb leaders to wait to bring their teams together until the end of this week out of respect to our teammates being impacted. I want to give everyone the next few days to process this, and I’ll host a CEO Q&A again this Thursday at 4pm pacific time.

Some final words 

As I have learned these past eight weeks, a crisis brings you clarity about what is truly important. Though we have been through a whirlwind, some things are more clear to me than ever before.

First, I am thankful for everyone here at Airbnb. Throughout this harrowing experience, I have been inspired by all of you. Even in the worst of circumstances, I’ve seen the very best of us. The world needs human connection now more than ever, and I know that Airbnb will rise to the occasion. I believe this because I believe in you. 

Second, I have a deep feeling of love for all of you. Our mission is not merely about travel. When we started Airbnb, our original tagline was, “Travel like a human.” The human part was always more important than the travel part. What we are about is belonging, and at the center of belonging is love.  

To those of you staying, 

One of the most important ways we can honor those who are leaving is for them to know that their contributions mattered, and that they will always be part of Airbnb’s story. I am confident their work will live on, just like this mission will live on.

To those leaving Airbnb, 

I am truly sorry. Please know this is not your fault. The world will never stop seeking the qualities and talents that you brought to Airbnb…that helped make Airbnb. I want to thank you, from the bottom of my heart, for sharing them with us.

Brian


Guilty Pleasure ⎥ Devenir

© Isaac Palmisano / Netflix

Le 6 mai, Netflix a sorti “Devenir”, un tout nouveau documentaire sur Michelle Obama, basé à la fois sur sa biographie et sur ses expériences pendant la tournée de promotion de ses mémoires en 2019. 

En une heure trente, le film dresse le portrait intime, élogieux mais passionnant de cette femme toujours fière de rappeler ses origines : “Je suis l’ancienne première dame des États-Unis et je suis une descendante d’esclaves. N’oublions pas cette vérité. La grand-mère de mon grand-père n’était pas une femme libre.”


Que dire en période de crise ? Écouter !

© Pete Souza

Vous savez combien l’information est au coeur de toute organisation. Dans une période de changement, obtenir et diffuser l’information est capital pour fonctionner efficacement, rapidement et avec souplesse. Recueillir des informations est important. Beaucoup de dirigeants et de managers orientés sur les résultats négligent d’écouter efficacement, c’est-à-dire de recueillir des renseignements.

“Lorsque vous parlez, vous ne faites que répéter ce que vous savez déjà. Mais si vous écoutez, vous pouvez apprendre quelque chose de nouveau.”

Dalaï Lama

1. Posez des questions

Pour obtenir des informations de qualité, vous posez des questions ouvertes. Elles permettent à votre interlocuteur de vous donner des explications. Les questions ouvertes commencent par “Comment… ?”, “Pourquoi… ?” ou “Qu’est-ce que… ?”. Il est souvent très instructif de ne pas se contenter de la première réponse. Continuez de poser des questions ouvertes pour faire émerger les véritables motivations ou sentiments de votre interlocuteur.

Poser cinq fois la question “pourquoi” est une technique très efficace utilisée en coaching. Par exemple, si vous obtenez la même réponse au troisième et au quatrième pourquoi, c’est le signe que votre interlocuteur est allé au plus profond du sujet qui le préoccupe.

2. Faites preuve d’empathie

“Quand les gens parlent, écoutez complètement.”

Ernest Hemingway

L’empathie, c’est facile à reconnaître. Nous l’avons tous vu chez un enseignant ou un ami sensible. Pour comprendre ce que les autres ressentent, les dirigeants empathiques lisent entre les lignes de ce qui est dit. Cela les rend particulièrement bons pour comprendre et soutenir la dynamique de groupe.

Mais soyons clairs sur une frontière importante. L’empathie ne signifie pas essayer de plaire à tout le monde – c’est impossible. Cela signifie prendre en compte les sentiments des autres lors de la prise de parole et de la prise de décision.

3. Commencez par ce qui est prioritaire pour votre auditoire

La qualité des informations que vous avez ainsi recueillies, c’est du miel pour votre discours, je dirais même  plus : de la gelée royale. En écoutant avec attention vos interlocuteurs — parfois cinq ou dix minutes suffisent — vous prenez conscience avec précision de ce qui est le plus important à ce moment précis pour eux. Et vous commencez votre discours avec ça. 

Vous reformulez avec vos propres mots et de façon synthétique leur problématique. Puis vous indiquez la grande ligne directrice de la solution que vous proposez. Vous entrerez dans le détail de votre plan d’action plus tard, dans la partie développement de votre discours. Dès l’introduction de leur prise de parole, les dirigeants perspicaces abordent la peur de leurs collaborateurs, mais sans la nourrir. Puis ils font preuve d’optimisme en présentant un futur réaliste et pragmatique.

Recueillir des informations pertinentes n’est pas uniquement essentiel pour prendre de bonnes décisions, cela reflète aussi votre compétence en matière de leadership. Les meilleurs leaders se distinguent par leurs compétences en intelligence émotionnelle, notamment leur qualité d’écoute et leur empathie.


Comment faites-vous pour tenir le cap en pleine tempête ?

Le 16 avril 2019, j’assiste à la tournée mondiale de Michelle Obama à l’Accorhotels Arena à Paris. Nous sommes plus de quinze mille spectateurs. Elle conclut son heure et demi de conversation avec ces mots : “Nous créons du lien en partageant nos histoires personnelles. Mais avant de les partager, nous devons reconnaître toute leur valeur.”

© Tout Bouge

Ne voir dans la vie de cette femme de 56 ans que la success story d’une First Lady, ce serait omettre la part d’ombre. Mais ce soir-là, elle partage tous ses doutes, ses crises et ses failles. Elle livre comment, à chaque fois, elle a relevé la tête, elle est repartie au combat malgré les échecs, les attaques et le manque de confiance en soi. En plein coeur de la tempête, elle plie puis se redresse, tel le Roseau de La Fontaine. Elle travaille dur, elle apprend, elle reste curieuse et se remet en cause. Son énergie quasi inépuisable lui vient de ses propres principes de vie.

L’expert en management et développement personnel, Steven R. Covey identifie et décrit avec précision cette compétence, dans son best-seller mondial : le leadership individuel. Vingt ans avant le “Why” de Simon Sinek, il conseille de “rédiger son énoncé de mission personnel, une sorte de philosophie, de credo personnel exprimant ce que vous voulez être (caractère) et faire (actions et projets à réaliser), les valeurs et les principes sur lesquels vous basez ce devenir et ces actions. C’est la manière la plus efficace de garder à l’esprit ce qui vous guide. (…) Les principes sont des vérités fortes, fondamentales, courantes, des dénominateurs communs à tous.”

Chez Michelle Obama, l’essentiel de ce qui fonde son caractère lui vient de ses parents : le courage et la générosité de son père, la confiance et la force de sa mère. “L’énergie intérieure que vous procure une vie centrée sur de justes principes représente la force d’un être humain conscient de sa vie, éclairé et proactif”, précise Covey. Dans l’adversité, il devient plus facile de se dégager de ses émotions, de prendre du recul et de choisir la bonne direction. Vos valeurs et vos principes agissent comme une boussole interne.“Vous alignez votre comportement sur vos convictions. Votre entourage commence à s’apercevoir que vous n’agissez pas en fonction de ce qui vous arrive. Vous avez le sentiment que ce que vous essayez d’accomplir vous est dicté par votre mission, et cela vous stimule”, décrit Covey.

Ainsi pour Michelle Obama, partager notre histoire personnelle c’est déclarer ouvertement notre énoncé de mission personnel, fondé sur les principes qui guident notre vie et nos choix. Commencer par reconnaître toute la valeur de notre histoire personnelle, c’est le premier acte qui nous conduit vers la sagesse.

On peut transposer aisément la méthode du leadership individuel au leadership professionnel. L’énoncé de mission est alors celui de l’entreprise avec ses principes, ses valeurs et ses objectifs. Le dirigeant les incarne au quotidien dans ses prises de parole et dans ses actes. Michelle Obama avait pleinement conscience de la valeur de l’exemple pour affirmer avec naturel son leadership à l’échelle de toute une nation : “Vous savez quand Barack était président, ils ont dit n’importe quoi sur nous. La seule chose que nous pouvions faire était de nous lever chaque matin et de faire notre travail, pour que nos actes et nos vies parlent d’eux-mêmes.”


Guilty Pleasure ⎥ La fabuleuse Mme Maisel

© Amazon Prime Video

Plus que jamais, on a besoin de se détendre. Le divertissement et le rire sont des besoins inhérents à notre nature humaine, pour prendre du recul et faire une pause. Avec beaucoup d’humour et d’intelligence, “La Fabuleuse Mme Maisel” montre, entre autres, la capacité des individus à prendre leur vie en main quand la vérité se fait jour. 

L’histoire se déroule à New York en 1958.  «Midge» Maisel vient d’épouser l’homme parfait. Elle a deux enfants et un élégant appartement dans l’Upper West Side. Mais sa vie idyllique prend tout à coup un tournant inattendu lorsque son mari la quitte subitement. Elle se découvre alors un talent inconnu comme comique. Elle se lance dans le stand-up dans les clubs de la Big Apple. Sauf qu’une femme qui fait des vannes sur le sexe et les hommes, au beau milieu des 50’s, ça ne plaît pas à tout le monde. Et la série prend une couleur féministe tout à fait jouissive lorsqu’elle claque le bec de ses homologues masculins avec son talent.

Depuis sa création en 2017, cette série originale Amazon Prime Vidéo a remporté 21 prix, dont 7 Emmy Awards et 3 Golden Globes !  Profitez des 30 jours d’essai gratuits à la plateforme Amazon Prime Video pour vous régaler avec les trois saisons.


Communication de crise : protéger ou dire la vérité ?

Quand un changement majeur est advenu dans l’organisation de votre entreprise, avez-vous apprécié votre hiérarchie parce qu’elle vous ménageait ou parce qu’elle vous disait la vérité ? 

Vous avez choisi la vérité parce que c’est la preuve qu’on vous respecte, qu’on a confiance dans votre capacité de résilience et qu’on compte sur votre contribution à la solution. On n’attend pas d’un leader qu’il soit le père spirituel de l’entreprise. C’est une posture surannée de management descendant, omniscient et autoritaire. En analyse transactionnelle, on parle alors d’une communication parent (dirigeant) à enfant (collaborateur). Il vaut mieux privilégier la communication équilibrée adulte (dirigeant) à adulte (collaborateur) fondée sur la confiance mutuelle.

Pour l’expert en leadership Simon Sinek, “la confiance se construit en disant la vérité, pas en disant aux gens ce qu’ils veulent entendre.”

Pour les dirigeants, l’annonce d’un changement représente un travail important et délicat, car elle est comprise à travers le filtre individuel de perception des collaborateurs. L’annonce est l’étape qui met sur les bons rails, ou non, le processus en cinq phases de l’acceptation du changement par l’ensemble des collaborateurs.

Les trois critères d’une annonce réussie

  • L’annonce doit être exhaustive car elle renforce la confiance et le respect par rapport à notre interlocuteur. Une annonce partielle peut s’avérer catastrophique même pour un interlocuteur pour qui cette annonce est proche de ses aspirations. La plupart des équipes dirigeantes ont tendance à retenir les informations, soit pour maintenir un sentiment de sécurité illusoire et contrôler la situation, soit pour protéger autrui de situations difficiles. Tous les collaborateurs ont besoin d’être informés de ce qu’il se passe. Ils ont besoin d’informations précises et dignes de foi. Si vous ne leur fournissez pas ces informations, ils inventeront une version des faits qui correspondra à leurs craintes.
  • L’annonce doit être précise car elle limite l’insécurité et l’interprétation et rend obligatoire sa préparation afin de montrer aussi bien les valeurs du changement que son prix. Le romancier italien Paolo Giordano, auteur de « La Solitude des nombres premiers », a écrit « Contagions » juste avant que son pays n’entre en confinement. « Le Monde » en publie des extraits dont celui-ci sur l’importance de la communication des chiffres : “Quand les quotidiens ont décidé de ne plus publier le nombre des contagions sur leur page d’accueil, j’ai éprouvé un sentiment de mécontentement et de trahison. J’ai commencé à en consulter d’autres. Dans la contagion, l’information transparente n’est pas un droit : c’est une prophylaxie essentielle.(….) Et pourtant, dès les premiers jours, on a accusé les chiffres de semer la panique. Mieux valait donc les occulter, ou trouver une méthode de calcul pour les minimiser. Quitte à s’apercevoir juste après que, de la sorte, la panique se déchaînait vraiment : si l’on nous cache la vérité, c’est que les choses sont beaucoup plus graves qu’il n’y paraît. Au bout de deux jours, les chiffres ont ressurgi sur les pages d’accueil, et y sont restés.” 

Pour concevoir la meilleure annonce possible, n’hésitez pas à solliciter des opinions, des idées, des suggestions ; plusieurs cerveaux valent souvent mieux qu’un seul.


Guilty Pleasure ⎥ The Last Dance

© Andrew D. Bernstein

Que vous aimiez ou pas le basket-ball, “The Last Dance” c’est formidable !

Pourquoi faut-il absolument regarder cette série documentaire sur Michael Jordan et les Chicago Bulls que Netflix vient de lancer ce lundi 20 avril —  et qui est déjà dans le top 3 des programmes préférés des spectateurs français de Netflix ?

  • Parce que le personnage principal de “The Last Dance” est Michael Jordan, le meilleur basketteur de tous les temps. Plus haut, plus vite, plus fort, Michael Jordan a tout simplement révolutionné son sport, lui apportant une aura incroyable et internationale, autant en termes de compétition que de marketing.
  • Parce que c’est une mine d’informations et d’inspiration en matière de leadership, de management et de communication. Dans “The Last Dance”, Michal Jordan est le fil rouge. Mais lui-même sait qu’il n’aurait rien gagné sans les autres. Les défaites, notamment celles face aux fameux ennemis de Détroit, ont forgé son caractère mais aussi celui de l’équipe et du staff. Tout seul, Jordan aurait été le meilleur mais il n’aurait sûrement rien gagné.
  • Parce que c’est passionnant d’observer de l’intérieur comment la NBA et les Bulls opèrent leurs affaires : qui sont vraiment ces joueurs devenus stars, qui tirent les ficelles, comment est gérée cette entreprise abyssale, pourquoi les Bulls sont les Bulls…

Cette série documentaire de dix épisodes, faisant chacun environ 50 minutes, entreprend de faire voyager le spectateur dans le quotidien du dernier des six titres des Bulls de Jordan lors de la saison 1997-1998. Une fois n’est pas coutume, Netflix diffuse au compte-goutte les dix épisodes, à raison de deux par semaine, disponibles chaque lundi. Cela a commencé le 20 avril avec les épisodes 1 et 2 et ça se terminera le 18 mai avec les épisodes 9 et 10. 

“Tout le monde pense au négatif. Moi je vois le verre à moitié plein, les autres à moitié vide. (…) On doit toujours penser à gagner.” Michael Jordan


Leadership du changement : construisez avec le collectif

© Jim Bowden

Si vous avez déjà assisté à un match sportif en live, ce que j’ai vécu le 2 décembre dernier devrait vous parler. Je suis en Floride avec un douzaine d’amis réunis pour célébrer Thanksgiving. Invités par nos hôtes américains, nous sommes aux premières loges d’un match de l’équipe NBA locale des Orlando Magic à l’Amway Center. La photo a été prise pendant l’échauffement des joueurs quelques minutes avant le match.

Je ne suis pas ce qu’on appelle un fin connaisseur des sports collectifs, et encore moins un grand pratiquant. Pourtant, ce soir-là, je me suis totalement laissé emporter par le jeu et l’ambiance, et j’ai beaucoup appris. Non seulement mes amis ont eu la gentillesse de m’expliquer quelques principes de base du basketball tel qu’il est pratiqué aux États-Unis mais j’ai aussi beaucoup observé. 

Juste à notre gauche, se tenaient sur le banc l’entraineur des Orlando Magic, son staff et ses joueurs. Dans le brouhaha, impossible d’entendre ce qu’ils se disaient. En revanche, les regards, les gestes, les positionnements des uns par rapport aux autres étaient très éloquents. J’ai rarement observé un niveau de confiance aussi élevé et de communication aussi fluide entre des individus d’une même organisation. Ce sont des qualités qui caractérisent les plus grandes équipes sportives. Les compétences en préparation, management, leadership et résilience de ces grands coachs sportifs avec leurs joueurs devraient inspirer davantage nos leaders économiques et politiques.

Les meilleurs coachs se distinguent par leur capacité à s’appuyer sur la dynamique du groupe pour faire progresser l’équipe, trouver des solutions innovantes et nourrir la motivation de chacun à remporter le prochain match. En entreprise, le management répond aux mêmes règles. Il s’exerce sur plusieurs plans : au niveau de l’individu comme nous l’avons vu la semaine dernière mais aussi au niveau du collectif.

Très puissant, le collectif peut tout autant ralentir, voire même bloquer l’activité, que soutenir la croissance et permettre d’atteindre des résultats exceptionnels. « À la place des patrons, je m’inquièterais plus de la révolution interne à venir que du coronavirus », déclare la psychothérapeute Sylvaine Perragin dans une interview pour l’ADN. En période de crise, mais pas uniquement, vous devez toujours évaluer le degré de motivation du groupe. Il évolue en fonction du nombre croissant de ses membres qui acceptent le changement. Souvenez-vous des cinq étapes.

Il convient surtout de considérer le groupe non pas comme un moyen d’arriver à ses objectifs mais plutôt comme un co-auteur et un co-acteur du changement et des solutions. Les dirigeants et managers sont alors amenés à dépasser le mythe du leader providentiel.

Favoriser l’implication des collaborateurs

Tous les sujets liés à la reprise progressive du travail en sortie de confinement sont déjà sources de stress pour vos collaborateurs car ils concernent leur santé et l’organisation de leur quotidien. Les individus s’adapteront plus facilement à un changement si l’idée de celui-ci leur devient familière et s’ils sont impliqués dans sa mise en oeuvre. 

C’est pourquoi vous devez encourager la prise d’initiatives et le travail d’équipe. Ceux qui travaillent sur le terrain sont souvent ceux qui ont les meilleures idées pour mettre en place le changement de manière efficace. Bien des changements peuvent se révéler positifs, si le manager fait appel aux idées et suggestions de ses collaborateurs.

Pour cela, il convient d’organiser des réunions pour analyser l’impact du changement sur le travail quotidien et pour trouver des solutions à une mise en oeuvre plus rapide et plus efficace. En tant que manager, vous appréciez que votre hiérarchie vous demande votre avis pour en tenir dans ses décisions stratégiques, n’est-ce pas ? Pourquoi ce serait différent pour les membres de votre équipe ? Tout le monde a besoin de reconnaissance. C’est une source de motivation quasi inépuisable que l’on soit employé ou cadre dirigeant.

Certaines solutions dépendent de votre zone d’autonomie et vous pouvez décider de les mettre en place immédiatement. D’autres peuvent ne pas dépendre directement de vous. Dans ce cas, vous informez vos collaborateurs que vous allez en référer à votre hiérarchie. L’important est de les tenir informés du résultat de vos démarches.

Quelle période compliquée mais tellement propice à l’émergence d’opportunités pour mieux travailler ensemble et renforcer les liens de confiance avec ses collaborateurs et ses collègues, n’est-ce pas ?