Diriger c’est communiquer ®

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La semaine dernière j’ai profité de la réouverture des cinémas pour aller voir “De Gaulle” réalisé par Gabriel le Bomin. Ce film m’a frappé par le grand nombre de parallèles possibles avec notre crise sanitaire et économique, et la façon dont les leaders agissent et communiquent, toutes proportions gardées bien sûr. Toutes les occasions d’apprendre à mieux construire son discours et prendre la parole me passionnent en tant que coach. C’est avec joie que je vous propose aujourd’hui de tirer quelques apprentissages de leadership et de communication du passé.

Le film raconte les quatre semaines qui ont précédé le fameux appel du 18 juin : ces journées incroyables où Charles de Gaulle va partir à Londres pour chercher un destin. Au moment où Paul Reynaud démissionne de la présidence du Conseil, il est remplacé par Philippe Pétain, le 16 juin, et il est clair que le nouveau gouvernement va signer l’armistice. Pour Charles de Gaulle, c’est la défaite de la France et cette option n’est pas envisageable. Il prend la décision d’aller à Londres, de rompre, de devenir un rebelle.

Seul l’optimisme peut lutter contre le pessimisme

Dans les dialogues du film, un mot oublié aujourd’hui m’a particulièrement marqué : les défaitistes. C’est ainsi que de Gaulle qualifie Pétain et son gouvernement. Et s’il y a un trait de caractère que de Gaulle possède c’est l’optimisme, seule force de résistance contre le défaitisme. À peine arrivé à Londres, il convainc Churchill de lui accorder chaque jour un créneau de cinq minutes à 21h sur l’antenne de la BBC pour s’adresser aux Français. Malgré leurs désaccords nombreux, le premier ministre britannique reconnaît chez ce général sans moyens et sans armée, seul et expatrié à Londres, la possibilité de soutenir la Résistance française. 

Car Churchill était lui aussi un optimiste. Alors que l’Angleterre est le dernier pays européen à faire barrage à l’Allemagne nazie, il déclare en juin 1940 à la Chambre des Communes : “Nous irons jusqu’au bout…, nous nous battrons sur les plages, nous nous battrons sur les terrains du débarquement, nous nous battrons dans les champs et dans les rues, nous nous battrons dans les collines ; Nous ne nous rendrons jamais.

Lors de leurs prises de parole, de Gaulle et Churchill ont la même capacité d’insuffler de l’espoir, autrement dit aujourd’hui en termes plus marketing “d’inspirer” leur auditoire : une combinaison d’honnêteté brutale et d’espoir crédible. “Certes, nous avons été, nous sommes submergés par la force mécanique terrestre et aérienne de l’ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui. Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !”, déclare de Gaulle dans son Appel du 18 juin.

Par bien des aspects de leurs personnalités, Churchill et de Gaulle demeurent exemplaires non seulement pour nos leaders politiques contemporains mais aussi pour nos dirigeants d’entreprise et leurs managers. Nourris d’une large culture générale et littéraire, ils écrivaient eux-mêmes leurs discours. Ils croyaient, et à raison, dans le pouvoir des mots. Diriger, c’est communiquer. Ils ne maniaient pas les mots pour simplement insuffler de l’espoir. Ils étaient mus par un destin et par des valeurs. Dans le monde l’entreprise, on appelle cela une mission, une vision stratégique et une culture d’entreprise. De Gaulle l’exprime par la célèbre phrase ouvrant ses Mémoires de guerre : « Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. » 

L’optimisme authentique d’un leader est contagieux

Dans une situation complexe comme la double crise sanitaire et économique du Covid-19, les dirigeants peuvent perdre leur crédibilité en affichant une confiance excessive ou en apportant des réponses simples à des problèmes difficiles. Bien que les gens attendent de leurs dirigeants qu’ils règlent les choses rapidement, cela n’est souvent pas possible. Les solutions nouvelles ne se trouvent que pas à pas, par itération et phases de test. Il est essentiel pour le dirigeant de projeter la confiance que l’entreprise trouvera son chemin à travers la crise mais aussi de montrer qu’ils reconnaissent sa gravité. Il s’agit d’une confiance authentique. Personne ne veut suivre un pessimiste, ni un optimiste aveugle.

L’optimisme du dirigeant qui découle de valeurs authentiques et de la confiance dans les capacités des personnes est une source d’énergie pour que tout le monde dans l’organisation puisse aller de l’avant. En revanche, l’optimisme sans signification ni fondement peut conduire à la déception et à la défaite.

Pour cela, le leader doit revenir à l’essence même de la mission de l’entreprise, à sa culture et ses valeurs. En s’exprimant, le dirigeant ou le manager donne du sens aux choses quand tout est chaotique. Et c’est ce qu’il y a de plus aidant quand tout le monde sait pourquoi il travaille de longues heures dans des conditions difficiles. Pensez à tous ces professionnels de la santé qui se concentrent sur leurs patients, même lorsqu’ils courent de grands risques. Le sens renforce la confiance, l’efficacité et l’endurance, mais peut également servir de baume si le résultat n’est pas celui espéré, car l’effort en soi était honorable.

Votre mission en tant que dirigeant, manager, RH ou communiquant est de donner du sens à vos collaborateurs pour leur permettre d’être plus résiliants et créatifs face au double défi sanitaire et économique de la crise du Covid-19. Ils vous en seront toujours reconnaissants.



Bien communiquer pour éviter la contagion de l’anxiété en entreprise

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Avez-vous remarqué combien vos collègues, familles et amis sont affectés par le confinement ainsi que par le déconfinement progressif ? Nous sommes toutes et tous touchés. Et l’impact psychologique n’a pas fini de se faire ressentir. Cela pourrait même durer des mois, voire des années.Une étude a démontré que la grippe dite “espagnole” (1918-1920) a entamé la confiance dans la société des rescapés et de leurs descendants sur plusieurs générations. 

Face à l’obligation légale d’être le garant de la santé physique et mentale de ses salariés, l’employeur peut mettre en place un plan d’actions, d’accompagnement et de formations, dans lequel la communication interne et le management jouent un rôle essentiel. Comment prendre la parole dans ce contexte lorsque l’on dirige une entreprise ?

Toute communication débute par l’étude des attentes des cibles mais aussi de leurs dispositions psychologiques à accueillir votre message. Lors des transformations et des réorganisations des entreprises, souvenez-vous des cinq étapes d’acceptation du changement vécus par tout le monde. Ce qui complique la donne avec la crise du Covid-19, ce sont les conséquences psychologiques du confinement, qui a modifié le fonctionnement de notre cerveau.

Tout d’abord, observons ce qui se passe dans nos cerveaux d’ex-confinés ! 

Sciences et Avenir dans son numéro daté juin 2020 présente les résultats d’études sur l’isolement social.“Le confinement prolongé provoque un stress chronique qui induit chez l’humain une réorganisation du cerveau. (…) En imagerie médicale, il apparaît que certaines régions deviennent hyperfonctionnelles comme l’amygdale (cas de danger, anxiété, stress) ou le striatum dorsal (comportements routiniers). A contrario, d’autres régions fonctionnent à bas régime tel le cortex préfontal (raisonnement, planification) et l’hippocampe (mémorisation).”

La chimie du cerveau est également modifiée avec une sécrétion plus élevée de cortisol ou d’adrénaline, qui ont à la longue un effet neurotoxique sur la capacité à mémoriser et génèrent plus de stress. Les études montrent aussi une baisse du taux de dopamine (impliquée dans l’attention, le plaisir, la motivation, le sommeil) ou de sérotonine (qui contrôle l’humeur). “Reste que chacun ne réagit pas de la même façon. Il existe une grande variabilité entre les individus.”

Dernier facteur d’anxiété : le déconfinement avec “la peur d’être exposé au virus ou la fatigue cognitive due à une hypervigilance  pour assurer les gestes barrières. (…) Les spécialistes s’accordent sur un point : il faut que le cerveau se “déconfine” progressivement.”

La situation était attendue : l’ONU avait même fait part de sa « préoccupation » des risques psycho-traumatiques liés à la crise du Covid-19, dans un communiqué du 18 mai, qui appelle, entre autres, à “aider les travailleurs en butte à l’anxiété “. Les effets vont essentiellement se produire maintenant, après la fin du confinement. Une enquête de France Info, parue sur son site web, rapporte le témoignage de Roland Jouvent, psychiatre à la Fondation Rothschild à Paris : “Comme toujours, en psychiatrie, cela apparaît après coup. Cela commence, et on va en voir de plus en plus : ce sont les après-coup, les chocs post-traumatiques. Les gens ont tenu, tenu, et maintenant ils craquent.”

Vous comprenez mieux pourquoi ni vos collaborateurs, ni vos collègues, ni vous-même peut-être n’êtes au top de votre performance au travail en ce moment. Même si les effets varient d’une personne à l’autre, il va falloir être patient et surtout contribuer à endiguer la contagion de l’anxiété dans l’entreprise grâce à votre intelligence émotionnelle.

Quelle est la juste dose d’intelligence émotionnelle dans vos échanges et votre communication ?

Là, vous vous dites : si je vais moyennement bien, comment puis-je prêter attention aux autres et me compliquer la vie avec l’intelligence émotionnelle dans mes prises de parole ? J’ai une excellente nouvelle ! “Vous “défocaliser”, en faisant des choses pour les autres demeure la meilleure façon de contrecarrer les déficits cérébraux”, déclare Catherine Belzung (directrice de l’unité Inserm imagerie et cerveau de Tours) dans Sciences et Avenir.

Parce que l’anxiété est extrêmement contagieuse en entreprise, il convient aux dirigeants et aux managers de donner le ton. Le célèbre psychologue Daniel Goleman qui a définit et promu l’intelligence émotionnelle évoque souvent la notion de neurones miroir ou de connexion neurale wi-fi. C’est lorsque qu’un individu ressent les émotions non verbalisées, non exprimées, d’un autre individu.

C’est pourquoi au lieu de passer ses angoisses en stressant tout le monde, il convient d’être vulnérable et d’exprimer l’état dans lequel vous êtes. Vos collaborateurs et collègues vous sont alors reconnaissants d’être honnête et transparent, surtout dans une période d’incertitude économique de votre entreprise. Il ne s’agit pas ici de s’épandre avec moult détails sur vos démons comme le ferait un artiste, un psy ou un coach mais plutôt de dire simplement une partie de ce que vous ressentez. 

Ce dosage est votre décision personnelle. Le but n’est pas d’effrayer les autres ni de sombrer tous ensemble dans une grande marmite d’anxiété. Admettre “Je suis anxieux aujourd’hui” ou “Je n’ai pas bien dormi” permet à tout le monde dans la pièce de respirer un peu plus facilement :

  • ”Ouf, ce n’est pas de ma faute s’il est si tendu. »
  • “Cela me fait me sentir normal si une personne que je respecte et en qui j’ai confiance admet qu’elle ne va pas bien.”
  • “Merci d’être humain et je veux suivre cette personne.”

Et rappelez-vous, vous n’avez pas à partager les détails ; partagez simplement l’état dans lequel vous vous trouvez. Cela ne signifie pas que vous tombez dans une marre de larmes pendant une visioconférence, bien sûr, ou que vous perdez visiblement le contrôle. Il est possible d’être vulnérable sans que les équipes perdent confiance en vos compétences. Voici un témoignage vidéo formidable d’Éléonore Baudry, la présidente de Figaret, en plein confinement du Covid-19 et qui démontre tous ses talents de leader par sa sincérité, son empathie, son bon sens et son humour.

Si vous voulez encourager les gens à partager mais que vous ne voulez pas que la conversation se transforme en fête de l’anxiété, vous pouvez utiliser différents exercices : voir les quelques conseils de Reboot. Cela permet aux gens de partager s’ils se sentent à l’aise de le faire et vous donne des informations utiles sur les émotions du groupe. Vous pouvez ensuite ajuster votre style de communication et votre message en conséquence.

La psychologue sociale Amy Cuddy écrit : “La plupart des dirigeants d’aujourd’hui ont tendance à mettre l’emphase sur leur force, leur compétence et leurs succès sur le lieu de travail, mais c’est exactement la mauvaise approche. Les dirigeants qui projettent leur force avant d’établir la confiance courent le risque de susciter la peur et, avec elle, une multitude de comportements dysfonctionnels. Rien n’établit la confiance plus efficacement que la connexion émotionnelle entretenue par l’empathie et l’humanité partagée. C’est pourquoi être ouvert sur votre propre anxiété peut être si puissant. Cela renforce la confiance lorsque vous pouvez demander à vos collègues : “Comment ça va?” et ils ne se sentent pas obligés de mentir ou d’avoir un visage heureux, car ils savent que vous ressentez aussi le stress.”

Et rappelez-vous, bien qu’il soit important d’être optimiste pour éviter la contagion émotionnelle comme le rappelle si justement Simon Sinek, vous ne voulez donner à personne de faux espoirs. Si vous avez des questions difficiles comme « Mon poste est-il menacé ? » ou « Serons-nous encore en activité dans six mois ? » ce n’est pas à vous de deviner l’avenir. Personne n’a de boule de cristal, et vous pouvez donc dire ce que vous savez être vrai en ce moment et affirmer l’importance de travailler ensemble et de se concentrer sur ce que chaque personne peut contrôler.


Guilty Pleasure | The Final Year

Cet excellent documentaire de 90 minutes, à voir sur Netflix, nous plonge dans le quotidien de la dernière année à la Maison Blanche de l’Administration Obama. Émaillé d’interviews exclusives du Président et de son entourage, il met entre autres en lumières le pouvoir des mots dans la politique des affaires étrangères. Les témoignages de Ben Rhodes, l’auteur des discours du président, sont un régal. Alors régalez-vous !


Guilty Pleasure | In The Air

À l’opposé de la démarche du patron d’Airbnb, il y a celle du héros d’In The Air qui utilise toutes sortes de ruses et de manipulations pour virer avec doigté, même les plus féroces. Cette comédie aigre-douce raconte l’histoire de Ryan Bingham (George Clooney) qui travaille pour le compte de patrons bien trop lâches pour affronter leurs salariés lors de l’annonce de plans sociaux. 

La vie de Ryan change quand il tombe amoureux mais aussi quand on lui demande de revoir ses méthodes de travail. Lui qui a longueur d’année sillonne les États-Unis en avion, il ne doit plus se déplacer pour des entretiens en face à face, mais faire des économies en privilégiant la… visioconférence.

Dans son travail de recherches préparatoires, le réalisateur Jason Reitman (Thank You For SmokingJuno) a procédé à des interviews de véritables salariés virés pour cause de récession économique en 2008. Bien que cela n’était pas prévu initialement, certains témoignages se retrouvent dans le montage final du film.

En 2010, In The Air est nommé à l’Oscar® dans cinq catégories. Ce très bon film est à voir sur Amazon Prime Video.


Le message d’espoir de Barack Obama

© Pete Souza

Barack Obama se laisse caresser les cheveux par le fils d’un employé de la Maison Blanche, ravi de voir que le Président a les mêmes que lui, le 8 mai 2009. Aujourd’hui, ce petit garçon doit avoir 15 ou 16 ans. Et ses parents ont déjà dû lui apprendre qu’il devait rester très prudent et coopératif lorsqu’il subit un énième contrôle d’un policier blanc, au risque d’être blessé et même de perdre sa vie.

L’espoir anti-raciste suscité par les deux mandats de Barack Obama semble s’être envolé aujourd’hui. Mais cet ex président est un activiste optimiste dans l’âme, il était de tous les combats pour soutenir les communautés noires et pauvres des quartiers sud de Chicago bien avant sa première élection de sénateur. Le 1er juin dernier, il a repris la plume pour un message d’espoir, de paix et d’engagement qu’il a publié sur le site Medium. Aujourd’hui, servons-nous de cette traduction française de son texte par le site Stay Hungry pour analyser ce qui le rend si impactant.

Pourquoi les médias se sont-ils autant fait l’écho du texte de Barack Obama ?

  • Tout d’abord parce qu’il fait de la politique en incitant les jeunes à aller voter, en pleine campagne présidentielle. Il vise une génération qui se sent concernée par la lutte contre le racisme. Si cette frange de la population majoritairement abstentionniste se rend dans les bureaux de vote, cela pourrait donner un sérieux coup de pouce à Joe Biden : “(…) voir l’activisme accru des jeunes ces dernières semaines, de toutes les races et de toutes les origines sociales, me donne de l’espoir.”
  • Parce qu’il fait preuve de hauteur de vue face aux discours pyromanes de Trump. Il milite pour la paix comme les grands leaders noirs qui l’ont précédé, Martin Luther King et Nelson Mandela. Sa prise de parole s’inscrit dans la tradition des appels à la non-violence de toutes celles et tous ceux qui, comme lui en 2009, ont reçu le Prix Nobel de la Paix : “(…) la petite minorité de personnes qui ont eu recours à la violence sous diverses formes, que ce soit par colère véritable ou par simple opportunisme, mettent des innocents en danger.”
  • Parce qu’il exprime sincèrement, sans désir de manipuler, ses croyances et ses valeurs. Il défend l’action publique, à laquelle il est viscéralement attaché : “j’ai entendu certains dire que (…) le vote et la participation à la politique électorale sont une perte de temps. Je ne pourrais pas être plus en désaccord.”
  • Parce qu’il sait faire preuve d’empathie en choisissant les mots justes. Au lieu d’attiser la colère, il met un baume sur les blessures de chacun : “Je reconnais que ces derniers mois ont été durs et décourageants – que la peur, la tristesse, l’incertitude et les difficultés d’une pandémie ont été aggravées par le rappel tragique que les préjugés et l’inégalité façonnent toujours une grande partie de la vie américaine.”
  • Parce qu’il se met à la place de son coeur de cible, en l’occurence les jeunes, pour leur présenter les bénéfices directs de leurs votes, notamment aux élections locales. Ils seront les premiers à profiter des changements s’ils vont voter : “Ce sont les maires et les cadres des comtés qui nomment la plupart des chefs de police et négocient les conventions collectives avec les syndicats de police.”
  • Parce qu’il est porteur d’espoir. Il invite à transformer toute cette colère en énergie positive pour agir concrètement et changer les États-Unis : “Si, à l’avenir, nous pouvons canaliser cette colère justifiée en une action pacifique, soutenue et efficace, alors ce moment peut devenir un véritable tournant dans le long cheminement de notre nation pour être à la hauteur de nos grands idéaux.”
  • Son call-to-action final est direct et efficace : “Mettons-nous au travail.”

Licencier 1900 personnes avec humanité

© David Paul Morris/Bloomberg

Aujourd’hui je vous propose de lire le message que le PDG d’Airbnb, Brian Chesky, adresse à ses salariés le 5 mai dernier. Il est la preuve que l’on peut annoncer avec humanité un plan de licenciement qui concerne un quart des effectifs de son entreprise.

Exhaustive, factuelle et précise, cette annonce est un modèle de communication de changements majeurs dans une organisation. Mais c’est l’empathie et la compassion de son auteur qui la rendent exceptionnelle. Cette crise révèle les compétences de leader de Brian Chesky : honnêteté, vision stratégique, mission de l’entreprise et intelligence émotionnelle

Bien sûr, chaque mot de cette annonce a été minutieusement étudié par les conseillers en communication du PDG d’Airbnb. Pourtant, j’ai la conviction que Brian Chesky en reste l’auteur principal et c’est ce qui en fait toute sa force.

Voici le message que Brian Chesky a envoyé à ses collaborateurs du monde entier :

This is my seventh time talking to you from my house. Each time we’ve talked, I’ve shared good news and bad news, but today I have to share some very sad news. 

When you’ve asked me about layoffs, I’ve said that nothing is off the table. Today, I must confirm that we are reducing the size of the Airbnb workforce. For a company like us whose mission is centered around belonging, this is incredibly difficult to confront, and it will be even harder for those who have to leave Airbnb. I am going to share as many details as I can on how I arrived at this decision, what we are doing for those leaving, and what will happen next. 

Let me start with how we arrived at this decision. We are collectively living through the most harrowing crisis of our lifetime, and as it began to unfold, global travel came to a standstill. Airbnb’s business has been hit hard, with revenue this year forecasted to be less than half of what we earned in 2019. In response, we raised $2 billion in capital and dramatically cut costs that touched nearly every corner of Airbnb. 

While these actions were necessary, it became clear that we would have to go further when we faced two hard truths:

  1. We don’t know exactly when travel will return. 
  2. When travel does return, it will look different. 

While we know Airbnb’s business will fully recover, the changes it will undergo are not temporary or short-lived. Because of this, we need to make more fundamental changes to Airbnb by reducing the size of our workforce around a more focused business strategy. 

Out of our 7,500 Airbnb employees, nearly 1,900 teammates will have to leave Airbnb, comprising around 25% of our company. Since we cannot afford to do everything that we used to, these cuts had to be mapped to a more focused business. 

A more focused business 

Travel in this new world will look different, and we need to evolve Airbnb accordingly. People will want options that are closer to home, safer, and more affordable. But people will also yearn for something that feels like it’s been taken away from them — human connection. When we started Airbnb, it was about belonging and connection. This crisis has sharpened our focus to get back to our roots, back to the basics, back to what is truly special about Airbnb — everyday people who host their homes and offer experiences. 

This means that we will need to reduce our investment in activities that do not directly support the core of our host community. We are pausing our efforts in Transportation and Airbnb Studios, and we have to scale back our investments in Hotels and Lux. 

These decisions are not a reflection of the work from people on these teams, and it does not mean everyone on these teams will be leaving us. Additionally, teams across all of Airbnb will be impacted. Many teams will be reduced in size based on how well they map to where Airbnb is headed. 

How we approached reductions 

It was important that we had a clear set of principles, guided by our core values, for how we would approach reductions in our workforce. These were our guiding principles:

  • Map all reductions to our future business strategy and the capabilities we will need.
  • Do as much as we can for those who are impacted. 
  • Be unwavering in our commitment to diversity. 
  • Optimize for 1:1 communication for those impacted. 
  • Wait to communicate any decisions until all details are landed — transparency of only partial information can make matters worse. 

I have done my best to stay true to these principles.    

Process for making reductions 

Our process started with creating a more focused business strategy built on a sustainable cost model. We assessed how each team mapped to our new strategy, and we determined the size and shape of each team going forward. We then did a comprehensive review of every team member and made decisions based on critical skills, and how well those skills matched our future business needs. 

The result is that we will have to part with teammates that we love and value. We have great people leaving Airbnb, and other companies will be lucky to have them. 

To take care of those that are leaving, we have looked across severance, equity, healthcare, and job support and done our best to treat everyone in a compassionate and thoughtful way. 

Severance

Employees in the US will receive 14 weeks of base pay, plus one additional week for every year at Airbnb. Tenure will be rounded to the nearest year. For example, if someone has been at Airbnb for 3 years and 7 months, they will get an additional 4 weeks of salary, or 18 weeks of total pay. Outside the US, all employees will receive at least 14 weeks of pay, plus tenure increases consistent with their country-specific practices. 

Equity

We are dropping the one-year cliff on equity for everyone we’ve hired in the past year so that everyone departing, regardless of how long they have been here, is a shareholder. Additionally, everyone leaving is eligible for the May 25 vesting date. 

Healthcare

In the midst of a global health crisis of unknown duration, we want to limit the burden of healthcare costs. In the US, we will cover 12 months of health insurance through COBRA. In all other countries, we will cover health insurance costs through the end of 2020. This is because we’re either legally unable to continue coverage, or our current plans will not allow for an extension. We will also provide four months of mental health support through KonTerra. 

Job support

Our goal is to connect our teammates leaving Airbnb with new job opportunities. Here are five ways we can help:

  • Alumni Talent Directory — We will be launching a public-facing website to help teammates leaving find new jobs. Departing employees can opt-in to have profiles, resumes, and work samples accessible to potential employers. 
  • Alumni Placement Team — For the remainder of 2020, a significant portion of Airbnb Recruiting will become an Alumni Placement Team. Recruiters that are staying with Airbnb will provide support to departing employees to help them find their next job.
  • RiseSmart — We are offering four months of career services through RiseSmart, a company that specializes in career transition and job placement services. 
  • Employee Offered Alumni Support — We are encouraging all remaining employees to opt-in to a program to assist departing teammates find their next role.
  • Laptops — A computer is an important tool to find new work, so we are allowing everyone leaving to keep their Apple laptops. 

Here is what will happen next

I want to provide clarity to all of you as soon as possible. We have employees in 24 countries, and the time it will take to provide clarity will vary based on local laws and practices. Some countries require notifications about employment to be received in a very specific way. While our process may differ by country, we have tried to be thoughtful in planning for every employee. 

In the US and Canada, I can provide immediate clarity. Within the next few hours, those of you leaving Airbnb will receive a calendar invite to a departure meeting with a senior leader in your department. It was important to us that wherever we legally could, people were informed in a personal, 1:1 conversation. The final working day for departing employees based in the US and Canada will be Monday, May 11. We felt Monday would give people time to begin taking next steps and say goodbye — we understand and respect how important this is.

Some employees who are staying will have a new role, and will receive a meeting invite with the subject “New Role” to learn more about it. For those of you in the US and Canada who are staying on the Airbnb team, you will not receive a calendar invite.

At 6pm pacific time, I will host a world@ meeting for our Asia-Pacific teams. At 12am pacific time, I will host a world@ meeting for our Europe and Middle East teams. Following each of these meetings, we’ll proceed with next steps in each country based on local practices.

I’ve asked all Airbnb leaders to wait to bring their teams together until the end of this week out of respect to our teammates being impacted. I want to give everyone the next few days to process this, and I’ll host a CEO Q&A again this Thursday at 4pm pacific time.

Some final words 

As I have learned these past eight weeks, a crisis brings you clarity about what is truly important. Though we have been through a whirlwind, some things are more clear to me than ever before.

First, I am thankful for everyone here at Airbnb. Throughout this harrowing experience, I have been inspired by all of you. Even in the worst of circumstances, I’ve seen the very best of us. The world needs human connection now more than ever, and I know that Airbnb will rise to the occasion. I believe this because I believe in you. 

Second, I have a deep feeling of love for all of you. Our mission is not merely about travel. When we started Airbnb, our original tagline was, “Travel like a human.” The human part was always more important than the travel part. What we are about is belonging, and at the center of belonging is love.  

To those of you staying, 

One of the most important ways we can honor those who are leaving is for them to know that their contributions mattered, and that they will always be part of Airbnb’s story. I am confident their work will live on, just like this mission will live on.

To those leaving Airbnb, 

I am truly sorry. Please know this is not your fault. The world will never stop seeking the qualities and talents that you brought to Airbnb…that helped make Airbnb. I want to thank you, from the bottom of my heart, for sharing them with us.

Brian


Guilty Pleasure ⎥ Devenir

© Isaac Palmisano / Netflix

Le 6 mai, Netflix a sorti “Devenir”, un tout nouveau documentaire sur Michelle Obama, basé à la fois sur sa biographie et sur ses expériences pendant la tournée de promotion de ses mémoires en 2019. 

En une heure trente, le film dresse le portrait intime, élogieux mais passionnant de cette femme toujours fière de rappeler ses origines : “Je suis l’ancienne première dame des États-Unis et je suis une descendante d’esclaves. N’oublions pas cette vérité. La grand-mère de mon grand-père n’était pas une femme libre.”


Que dire en période de crise ? Écouter !

© Pete Souza

Vous savez combien l’information est au coeur de toute organisation. Dans une période de changement, obtenir et diffuser l’information est capital pour fonctionner efficacement, rapidement et avec souplesse. Recueillir des informations est important. Beaucoup de dirigeants et de managers orientés sur les résultats négligent d’écouter efficacement, c’est-à-dire de recueillir des renseignements.

“Lorsque vous parlez, vous ne faites que répéter ce que vous savez déjà. Mais si vous écoutez, vous pouvez apprendre quelque chose de nouveau.”

Dalaï Lama

1. Posez des questions

Pour obtenir des informations de qualité, vous posez des questions ouvertes. Elles permettent à votre interlocuteur de vous donner des explications. Les questions ouvertes commencent par “Comment… ?”, “Pourquoi… ?” ou “Qu’est-ce que… ?”. Il est souvent très instructif de ne pas se contenter de la première réponse. Continuez de poser des questions ouvertes pour faire émerger les véritables motivations ou sentiments de votre interlocuteur.

Poser cinq fois la question “pourquoi” est une technique très efficace utilisée en coaching. Par exemple, si vous obtenez la même réponse au troisième et au quatrième pourquoi, c’est le signe que votre interlocuteur est allé au plus profond du sujet qui le préoccupe.

2. Faites preuve d’empathie

“Quand les gens parlent, écoutez complètement.”

Ernest Hemingway

L’empathie, c’est facile à reconnaître. Nous l’avons tous vu chez un enseignant ou un ami sensible. Pour comprendre ce que les autres ressentent, les dirigeants empathiques lisent entre les lignes de ce qui est dit. Cela les rend particulièrement bons pour comprendre et soutenir la dynamique de groupe.

Mais soyons clairs sur une frontière importante. L’empathie ne signifie pas essayer de plaire à tout le monde – c’est impossible. Cela signifie prendre en compte les sentiments des autres lors de la prise de parole et de la prise de décision.

3. Commencez par ce qui est prioritaire pour votre auditoire

La qualité des informations que vous avez ainsi recueillies, c’est du miel pour votre discours, je dirais même  plus : de la gelée royale. En écoutant avec attention vos interlocuteurs — parfois cinq ou dix minutes suffisent — vous prenez conscience avec précision de ce qui est le plus important à ce moment précis pour eux. Et vous commencez votre discours avec ça. 

Vous reformulez avec vos propres mots et de façon synthétique leur problématique. Puis vous indiquez la grande ligne directrice de la solution que vous proposez. Vous entrerez dans le détail de votre plan d’action plus tard, dans la partie développement de votre discours. Dès l’introduction de leur prise de parole, les dirigeants perspicaces abordent la peur de leurs collaborateurs, mais sans la nourrir. Puis ils font preuve d’optimisme en présentant un futur réaliste et pragmatique.

Recueillir des informations pertinentes n’est pas uniquement essentiel pour prendre de bonnes décisions, cela reflète aussi votre compétence en matière de leadership. Les meilleurs leaders se distinguent par leurs compétences en intelligence émotionnelle, notamment leur qualité d’écoute et leur empathie.


Comment faites-vous pour tenir le cap en pleine tempête ?

Le 16 avril 2019, j’assiste à la tournée mondiale de Michelle Obama à l’Accorhotels Arena à Paris. Nous sommes plus de quinze mille spectateurs. Elle conclut son heure et demi de conversation avec ces mots : “Nous créons du lien en partageant nos histoires personnelles. Mais avant de les partager, nous devons reconnaître toute leur valeur.”

© Tout Bouge

Ne voir dans la vie de cette femme de 56 ans que la success story d’une First Lady, ce serait omettre la part d’ombre. Mais ce soir-là, elle partage tous ses doutes, ses crises et ses failles. Elle livre comment, à chaque fois, elle a relevé la tête, elle est repartie au combat malgré les échecs, les attaques et le manque de confiance en soi. En plein coeur de la tempête, elle plie puis se redresse, tel le Roseau de La Fontaine. Elle travaille dur, elle apprend, elle reste curieuse et se remet en cause. Son énergie quasi inépuisable lui vient de ses propres principes de vie.

L’expert en management et développement personnel, Steven R. Covey identifie et décrit avec précision cette compétence, dans son best-seller mondial : le leadership individuel. Vingt ans avant le “Why” de Simon Sinek, il conseille de “rédiger son énoncé de mission personnel, une sorte de philosophie, de credo personnel exprimant ce que vous voulez être (caractère) et faire (actions et projets à réaliser), les valeurs et les principes sur lesquels vous basez ce devenir et ces actions. C’est la manière la plus efficace de garder à l’esprit ce qui vous guide. (…) Les principes sont des vérités fortes, fondamentales, courantes, des dénominateurs communs à tous.”

Chez Michelle Obama, l’essentiel de ce qui fonde son caractère lui vient de ses parents : le courage et la générosité de son père, la confiance et la force de sa mère. “L’énergie intérieure que vous procure une vie centrée sur de justes principes représente la force d’un être humain conscient de sa vie, éclairé et proactif”, précise Covey. Dans l’adversité, il devient plus facile de se dégager de ses émotions, de prendre du recul et de choisir la bonne direction. Vos valeurs et vos principes agissent comme une boussole interne.“Vous alignez votre comportement sur vos convictions. Votre entourage commence à s’apercevoir que vous n’agissez pas en fonction de ce qui vous arrive. Vous avez le sentiment que ce que vous essayez d’accomplir vous est dicté par votre mission, et cela vous stimule”, décrit Covey.

Ainsi pour Michelle Obama, partager notre histoire personnelle c’est déclarer ouvertement notre énoncé de mission personnel, fondé sur les principes qui guident notre vie et nos choix. Commencer par reconnaître toute la valeur de notre histoire personnelle, c’est le premier acte qui nous conduit vers la sagesse.

On peut transposer aisément la méthode du leadership individuel au leadership professionnel. L’énoncé de mission est alors celui de l’entreprise avec ses principes, ses valeurs et ses objectifs. Le dirigeant les incarne au quotidien dans ses prises de parole et dans ses actes. Michelle Obama avait pleinement conscience de la valeur de l’exemple pour affirmer avec naturel son leadership à l’échelle de toute une nation : “Vous savez quand Barack était président, ils ont dit n’importe quoi sur nous. La seule chose que nous pouvions faire était de nous lever chaque matin et de faire notre travail, pour que nos actes et nos vies parlent d’eux-mêmes.”