Comment Michelle Obama est devenue l’une des meilleures oratrices

La récente convention démocrate pour l’investiture de Kamala Harris et de son colistier Tim Walz à l’élection présidentielle américaine a totalisé 211 prises de parole, avec un processus de validation en 51 étapes pour chacune ! Politiciens, artistes, acteurs de la vie civile… tous ont fait leur discours devant 50 000 personnes réunies au United Center de Chicago pendant quatre jours. 

Pour relever le défi, l’agence Fenway spécialisée en communication politique a réuni des dizaines de coachs, d’auteurs et d’experts en stratégie.

photo : Fenway

Imaginez la pression sur leurs épaules. Après que Joe Biden ait tardivement mis un terme à sa candidature, ils n’ont eu que quatre semaines pour préparer cet événement hautement stratégique, retransmis en direct sur les chaînes d’info continue et les réseaux sociaux. Sur le plan politique, il devait donner l’impulsion d’une relance en fanfare pour les deux nouveaux candidats démocrates.

La master class en intelligence émotionnelle du discours de Michelle Obama

Parmi les personnalités les plus attendues, Michelle et Barack Obama ont fait sensation auprès d’un public partisan, certes déjà chauffé à blanc. Il ne faudrait pas écarter pour autant leur professionnalisme et leurs compétences d’orateurs. Même devant un public acquis, il convient de dépasser ses attentes et de montrer que l’on s’est bien préparé pour lui.

La prise de parole de Michelle Obama a marqué tous les esprits par son authenticité et son efficacité. Les thèmes s’enchaînent avec des transitions d’une fluidité exceptionnelle. Elle évoque d’abord l’espoir que suscite la candidature démocrate – “Hope is comeback” – puis son deuil de sa mère décédée deux mois plus tôt et son désir d’honorer ses valeurs et ses engagements civiques. Puis elle fait le lien avec la mère de Kamala Harris qui partagent les mêmes valeurs : “She’d often tell her don’t sit around and complain about things, do something!”

Elle plébiscite alors le parcours de la self-made woman Kamala Harris jusqu’au poste de vice-présidente des États-Unis. Elle critique l’attitude du candidat adverse né avec une cuillère d’argent dans la bouche et sans considération pour celles et ceux qui font les efforts de s’en sortir et de progresser. Elle salue ceux qui agissent : “In America, we do something!”Cette citation de la mère de Harris devient un motto qu’elle adresse à chaque membre de l’auditoire. “Do somethnig!” sera répété sept fois, parvenant habilement à faire en sorte que la foule scande elle-même le slogan. Elle a fait de son call-to-action le véritable fil rouge de son discours.

La parfaite prise de parole de Michelle Obama

La façon avec laquelle elle délivre son speech est tout autant remarquable. Le texte défile sur des prompteurs qu’elle lit à peine. Elle s’en sert comme points de repères. C’est évident, elle connaît son texte. Elle s’exprime avec naturel tout en ayant une technique parfaite : articulation, ton, rythme, projection vocale. Elle est dans le moment présent, elle n’anticipe pas les phrases et les idées à venir. Chaque mot est prononcé comme si elle le disait pour la première fois. Bien entendu, ce n’est pas le cas. Elle a répété son discours pour ne pas bafouiller, pour savoir quels mots scander, pour anticiper les pauses régulières et prendre le temps de respirer. 

Elle n’est pas en force une seule fois. Pourtant, elle doit avoir le trac. Mais elle est pleinement concentrée sur le public et l’impact qu’elle souhaite avoir sur lui. Elle veut éveiller les consciences, stimuler la motivation de chaque partisan de la United Center et de millions d’autres devant leurs écrans. 

Bien qu’elle parle de temps en temps d’elle-même, elle n’est jamais autocentrée. Tout son être est entièrement dédié à sa mission : améliorer la vie des autres. De cette manière, en se mettant pleinement au service de son auditoire, elle peut s’oublier, diminuer le stress de sa prise de parole, car seuls les autres comptent pour elle. 

Comme toute excellente oratrice, elle est en dialogue permanent avec son public, faisant des pauses, des gestes, des sourires et des regards en fonction des réactions de l’auditoire. Elle s’adresse à toute l’arena, elle cherche les regards du public pour mieux sentir et évaluer son impact sur celui-ci.

Parvenir à ce niveau de maîtrise est rare. Seuls les grands artistes apprennent à dialoguer avec les foules de dizaines de milliers de personnes. Michelle Obama est l’une des oratrices les plus efficaces et les plus professionnelles de sa génération.

Les méthodes de préparation de Michelle Obama

À 60 ans, Michelle Obama n’est pas devenue comme par magie une oratrice hors pair. En plus d’une préparation approfondie pour ce jour-là, elle met à profit ses apprentissages tout au long de ses nombreux entraînements passés. Ce sont plus de seize ans de pratique de prises de parole qui la propulsent au firmament des meilleures oratrices du monde.

Dans son autobiographie “Devenir”, elle décrit le processus pour optimiser ses prises de parole.

1. La motivation

Pour arriver à ce niveau d’excellence, elle a travaillé dur. Surmonter ses échecs, remonter en piste, essayer encore, ne rien lâcher lorsque l’on apprend quelque chose de nouveau demandent une solide motivation. À propos de ses huit ans en tant que première dame et de la pression ressentie, elle déclare : “J’ai été vigilante, prudente et profondément consciente que la nation nous observait, Barack, moi et les filles, et qu’en tant que noirs dans la bien nommée Maison-Blanche, nous ne pouvions pas nous permettre la moindre erreur.

Pour emporter l’adhésion du plus grand nombre sur ses projets et atteindre ses objectifs, elle savait qu’elle devait parfaire ses compétences en communication. La raison pour laquelle elle s’est lancée dans ce long chemin pour devenir meilleure à l’orale est sa vocation d’améliorer les choses pour son pays et de venir en aide aux autres. C’est sa source de motivation. Et lorsque l’on peut se connecter à ce qui nous aspire vraiment, nous pouvons toutes et tous réaliser de grandes choses.

2. Le problème à résoudre

En 2008, Michelle Obama participe à la campagne électorale de son mari plus que n’importe quelle autre épouse dans l’histoire. Elle qui n’a aucun goût particulier pour la politique reçoit coup sur coup et se démoralise.

J’étais une femme, une femme noire et une femme forte, ce qui, pour certaines personnes imprégnées d’une certaine mentalité, ne pouvait vouloir dire qu’une chose : j’étais une “femme noire en colère”. C’était là un stéréotype dégradant qui avait toujours été utilisé pour reléguer les femmes des minorités dans les marges, un signal inconscient invitant à ne pas écouter ce que nous avions à dire”.

Elle entre dans une spirale négative. La colère finit par monter en elle, ce qui aggrave la situation, car cela revenait à donner raison à ses détracteurs. “Si personne ne nous écoute, pourquoi ne pas crier plus fort ?

Même les médias non partisans, comme la radio publique NPR, posent la question : “Michelle Obama est-elle un atout ou un handicap ? D’une sincérité rafraîchissante ou trop franche ? Son physique imposant ou intimidant ?

3. Le feedback honnête qui permet la prise de conscience

C’est David Axelrod, le chef en stratégie et conseiller média de la campagne présidentielle, et Valérie Jarrett, conseillère politique, qui font prendre conscience à Michelle Obama de ce qu’elle pourrait modifier dans son style de communication. “Ils essayaient de me montrer qu’il y avait dans ce processus de petits détails que je pouvais mieux contrôler, se souvient-elle.

Ils ont repassé mon discours type de campagne, sans le son, pour faire abstraction du contenu et étudier de plus près mon langage corporel et, plus particulièrement, mes expressions faciales. (…) Mon visage reflétait la gravité des enjeux que je défendais, il disait combien le choix qui s’offrait à notre pays était important. Mais il était trop sérieux, trop sévère – du moins pour ce que les gens attendaient d’une femme. (…) Personne ne reprochait à Barack d’avoir l’air trop sérieux, de ne pas sourire assez. Mais, puisque j’étais une épouse et non une candidate, on attendait sans doute de moi un peu plus de légèreté, de frivolité.

(…) En étudiant la vidéo de mon discours ce jour-là, j’avais les larmes aux yeux. Je venais de comprendre qu’il y avait dans ce jeu politique un côté spectacle que je ne maîtrisais pas encore totalement. (…) J’étais plus efficace dans les petites réunions. Il était plus difficile de communiquer chaleureusement devant de plus grandes salles. Face à une foule, il fallait que mon visage ait des expressions plus claires, et c’était là-dessus que je devais travailler.

4. L’analyse pour identifier les causes du problème

L’équipe de campagne, pleinement dédiée à Barack Obama, n’avait jamais vraiment beaucoup conseillé son épouse. Jusqu’à présent, aucun membre ne s’était donné la peine de l’accompagner ni même d’assister à ses meetings. Elle n’avait jamais été formée à s’exprimer dans les médias ni à préparer un discours. Malgré l’aide de sa conseillère et son assistante, elle était par ailleurs dépassée par les sollicitations des médias et par l’énergie qu’il fallait déployer pour voyager avec le petit budget qui leur était alloué. 

5. Plan d’action, étape 1 : éliminer les facteurs de stress

Dans les six derniers mois de la campagne, il est convenu qu’elle a besoin d’une aide concrète. “Si je devais continuer à faire campagne comme une candidate, je devais être soutenue comme une candidate. Je me protégerais en m’organisant mieux, en réclamant les moyens pour faire le boulot. (…) 

Le staff de Barack a décidé d’étoffer mon équipe : il m’a affecté une assistante pour gérer mon emploi du temps et une assistante personnelle dont le calme m’aiderait à garder les pieds sur terre dans les moments les plus stressants. (…) La campagne a également mis un avion à ma disposition, ce qui facilitait beaucoup mes déplacements. Je pouvais maintenant profiter du temps de vol pour donner des interviews aux médias, me faire coiffer et maquiller, et amener Sasha et Malia (ses filles) avec moi sans dépenser plus. Tout cela me soulageait. Et je crois que c’est ce qui m’a permis de sourire davantage, d’être moins sur la défensive.” 

6. Plan d’action, étape 2 : optimiser la communication avec un conseil permanent

Une spécialiste de la communication, pleine de bon sens et rompue aux arcanes de la politique, Stéphanie Cutter, a rejoint son équipe. “Elle m’a aidé à affiner mon message et à structurer mon exposé, à partir d’un grand discours que j’avais prononcé à la fin de l’été. (…) En m’aidant à préparer mes interventions publiques, Stéphanie m’a conseillé de jouer sur mes forces et de me rappeler ce dont j’aimais le plus parler, à savoir mon amour pour mon mari et mes enfants, l’art de concilier vie professionnelle et vie familiale, et mes racines à Chicago, dont j’étais si fière. 

Sachant que j’aimais bien plaisanter, elle m’a encouragée à user de mon sens de l’humour. En d’autres termes, je pouvais être moi-même. (…) Je me sentais plus à l’aise, j’avais retrouvé ma voix. (…) J’avais un impact et, en même temps, je commençais à m’amuser, à me sentir de plus en plus détendue et optimiste. (…) J’avais moins peur de suivre à nouveau mes instincts, entourée de gens en qui j’avais confiance. Lors des réunions publiques, je m’attachais à nouer des liens personnels avec les gens que je rencontrais, par petits groupes et devant des foules de plusieurs milliers de personnes, dans les discussions en coulisse et dans le feu des bains de foule.

7. Plan d’action, étape 3 : préparer, anticiper et s’entraîner

La convention démocrate qui allait désigner Barack Obama comme candidat en août 2008, fut l’occasion pour Michelle Obama de parachever son apprentissage des techniques de prise de parole. “J’ai travaillé pour la première fois avec une jeune et brillante rédactrice, Sarah Hurwitz, qui m’a aidée à ordonner mes idées dans un discours de 17 minutes. À la fin août, après des semaines de préparation minutieuse, je suis montée sur le podium face à un auditoire de 20 000 personnes et à des millions de téléspectateurs, je m’apprêtais à dire au monde qui j’étais réellement. (…) Quand j’ai rendu le micro, des salves d’applaudissements se sont élevées de la salle. J’ai poussé un grand soupir de soulagement. Peut-être avais-je enfin réussi à changer la perception que l’opinion avait de moi.

8. Conclusion : on sait qu’on a réussi quand on commence à s’amuser

Ma vision des choses commençaient à s’inverser. Les estrades, les assistances, les éclairages éblouissants, les applaudissements… tout cela devenait plus normal que je ne l’aurais cru. À présent, je vivais pour les instants qui n’avaient été ni préparés ni répétés, loin des caméras et des flashs des journalistes, où personne ne jouait ni ne jugeait personne, et où une vraie surprise était encore possible.


Guilty Pleasure

Lors de la dernière étape à Los Angeles de la tournée promotionnelle de son second livre “Cette lumière en nous” sorti en 2022, Michelle Obama dévoile sa boîte à outils pour naviguer dans la vie en période d’incertitude. Elle s’ouvre à sa grande amie Oprah Winfrey pour un événement spécial où se mêlent rires, histoires personnelles, sagesse durement acquise et conseils pratiques.

Bien que ces 90 minutes d’entretien soient entièrement scriptées, c’est fait avec une telle maestria par ces deux femmes qu’on se laisse complètement emporter par “leur conversation au coin du feu”. Michelle Obama s’y dévoile drôle, honnête et accessible. Un pur moment de joie. 

“Cette lumière en nous : Michelle Obama et Oprah Winfrey” est à découvrir en VOST sur Netflix.


Citation

photo : Miller Mobley

« Ne prenez jamais de décisions basées sur la peur. Prenez des décisions basées sur l’espoir et les possibilités. Prenez des décisions basées sur ce qui devrait arriver, et non sur ce qui ne devrait pas arriver. »
Michelle Obama, Discours de campagne à Phoenix, 2008


Vous voulez développer vos compétences en Management & Communication pour gagner en Leadership et Performance ? Contactez-moi ici pour un coaching individuel ou une formation en groupe.


Merci d’avoir lu ma newsletter.


Pour encore plus d’inspiration et de conseils pratiques en management, communication et prise de parole en public : consultez mes précédents articles ici.


Si cette newsletter vous a été transférée, abonnez-vous ici :

Inscrivez-vous à la newsletter Tout Bouge

Recevez votre dose mensuelle d’idées en Communication et Leadership.
Pas de spam. Fréquence mensuelle.


Quatre des membres du jury de l’émission “Qui veut être mon associé ?” (saison 2) sur M6 : Sophie Méchaly, Jean-Pierre Nadir, Marc Simoncini et Isabelle Weill.

Influencer la décision d’un groupe

Emporter l’adhésion d’un groupe n’est pas une chose aisée, n’est-ce pas ? 

Les entrepreneurs, qui participent à l’émission de M6 “Qui veut être mon associé ?” pour lever des fonds, le savent bien eux aussi. Face à un jury de cinq investisseurs reconnus, ils pitchent leurs projets pour les convaincre de s’engager à leurs côtés. L’un des grands intérêts de cette émission est d’observer le processus de décision de chaque investisseur. Jugent-ils de façon indépendante ou sous l’influence de leurs pairs ?

Dans mon précédent article, je vous ai présenté l’une des théories du passionnant livre “Noise” sur la quasi impossibilité de prédire l’avenir à moyen ou long terme. En tant que professionnel de la communication, un autre chapitre a attiré mon attention : les méfaits du bruit dans la prise de décision collective. 

Les auteurs décrivent notamment les mécanismes en jeu au sein d’un groupe au moment de porter un jugement. “En pratique, des différences mineurs (qui parle le premier, qui s’exprime avec assurance, qui sourit ou fronce les sourcils à un moment donné) peuvent conduire un groupe à dire “oui” et un groupe quasi identique à dire “non”.” Identifier, voire anticiper, le bruit au sein d’un groupe peut vous permettre d’adopter une communication adaptée pour emporter son adhésion.

L’influence sociale

Le mois dernier, le Centre national de la musique a rendu public les résultats de la première étude au monde sur l’authenticité des chiffres du streaming musical et a révélé l’ampleur de la manipulation frauduleuse des écoutes en ligne : entre 1% et 3% en 2021, ce qui représente entre 1 et 3 milliards de streams détectés comme étant falsifiés. Augmenter artificiellement le nombre d’écoutes ou de vues par des robots ou des personnes physiques a pour but de générer plus de revenus, d’améliorer la performance d’un artiste ou de sa musique.

Ces pratiques illicites s’appuient sur un phénomène bien connu : l’influence sociale. Concrètement, quand une chanson rencontre le succès très tôt, elle finit souvent très bien classée. En ayant accès aux nombres de vues ou d’écoutes, les utilisateurs des plateformes de streaming s’influencent naturellement les uns les autres. L’influence sociale joue un rôle très important quand les jugements ne sont pas produits de façon indépendante. 

Les auteurs de “Noise” la décrivent ainsi : “Imaginez un petit groupe – par exemple, une dizaine de personnes – qui discute d’un ambitieux nouveau projet. Si un ou deux partisans du projet sont les premiers à s’exprimer, il y a de bonnes chances qu’ils entraînent les autres dans leur sens. Et il en ira de même si ce sont deux sceptiques qui parlent en premier. Il suffit pour cela que les membres du groupe soient influencés les uns par les autres, ce qui est généralement le cas. C’est ainsi que des groupes en tout point comparables peuvent prendre des décisions très différentes.”

Tous droits réservés

Les effets de cascade

La mécanique de l’influence sociale est accentuée par deux phénomènes : les cascades informationnelles et la pression sociale. Imaginez ce même groupe de dix personnes qui se réunissent pour choisir entre plusieurs candidats à un poste important. Les participants à la réunion s’expriment, comme c’est l’usage, l’un après l’autre. Chacun naturellement est à l’écoute du jugement de ses pairs. Les premières opinions exprimées vont influencer les suivantes, grâce à la confiance mutuelle entre les participants. Vous avez sans doute déjà vécu cette situation, même si initialement votre avis était peut-être contraire. Vous vous êtes rallié à la majorité, soit parce que vous manquiez d’informations pour porter un jugement, soit parce que vous doutiez de votre propre capacité à évaluer spécifiquement cette situation, soit parce que vous saviez écouter les arguments d’autrui et qu’ils vous avaient convaincu. 

On imagine aisément que cet effet va croissant avec le nombre de personnes qui expriment une opinion concordante. Plus celles qui ont exprimé une préférence pour un même candidat seront nombreuses, et plus on hésitera à s’opposer à elles sans de très solides raisons. Cette mécanique de cascade informationnelle est présente dans tous les groupes. “Le consensus que nous interprétons comme le reflet de la sagesse collective peut n’être que le produit des opinions initiales de quelques personnes”, relèvent les auteurs de “Noise”.

« C’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison. »

Coluche

La pression sociale est l’autre phénomène à l’oeuvre qui conduit à une prise de décision unanime au sein d’un groupe. Dans une entreprise, il arrive que l’on choisisse de taire son désaccord, pour ne pas donner l’impression d’être négatif, borné, agressif ou antipathique. “Le paradoxe de la cascade de pression sociale est identique à celui de la cascade informationnelle : on a tendance à surestimer la conviction des personnes qui se sont déjà exprimées, et à sous-estimer le rôle qu’a joué la pression sociale dans la formation de leur opinion. C’est ainsi qu’on ajoute sa voix au consensus, et qu’on accroît le niveau de pression sociale sur les participants suivants. Dans toutes les organisations, la conjonction des cascades informationnelles et des cascades de pression sociale peut produire une grande confiance, et un soutien unanime, sur un jugement totalement erroné.”

Compte tenu des risques d’erreur lorsque des décisions importantes sont prises à l’issue d’un processus délibératif, il est essentiel de bien préparer votre présentation. Lorsque vous avez besoin de faire approuver une recommandation à un groupe de décideurs (managers, patrons, actionnaires), il convient d’adapter votre stratégie de communication en anticipant la dynamique du groupe.

Anticiper la dynamique de groupe

La première chose à faire est de connaître parfaitement votre auditoire. Comment le groupe a-t-il l’habitude de délibérer ? Si vous n’avez pas encore fait de réunion avec ce groupe, qui pourrait vous informer ? Qui va prendre la décision à propos de votre projet ? Quelles sont les personnes qui vont influencer cette décision ? Quels sont les véritables objectifs de chacun – leurs “agendas” ? Qui est a priori favorable et qui est contre votre recommandation ? Il s’agit d’effectuer un véritable mapping de votre audience. Vous pouvez alors anticiper les questions qui vous seront posées, les sujets prioritaires pour chacun, et ainsi être vigilant sur la dynamique du groupe. En tenant compte de l’influence sociale et des effets de cascade propres à ce groupe, vous êtes en mesure d’apporter les informations les plus utiles aux personnes les plus influentes en vue d’obtenir une délibération qui vous soit favorable.

Le mapping de votre audience et la connaissance de la dynamique du groupe peuvent révéler des points de friction ou des risques d’opposition à votre recommandation. N’hésitez pas alors à faire campagne comme un politique ferait du porte-à-porte en quelque sorte. En amont de la réunion, vous rencontrez individuellement chaque membre du groupe de décideurs et vous leur présentez votre stratégie. Chacun a le temps de se forger un avis de façon indépendante sans le bruit généré par les opinions des autres. Autre avantage considérable pour vous, vous allez peut-être découvrir un sujet bloquant que vous n’aviez pas anticiper, et cela vous permet d’ajuster votre recommandation pour le jour J. Dernier atout et pas des moindres, vous vous faites des alliés. En les consultant en amont, vous leur prouvez que leur opinion compte et vous pratiquez ainsi de la reconnaissance pour leurs compétences. Le besoin de reconnaissance est l’un des moteurs les plus puissants chez l’être humain.

Au moment de la présentation, allez droit au but. Pour obtenir une décision d’un dirigeant, fournissez une recommandation claire avec une structure solide et un contenu facile à lire. Certains dirigeants accordent un créneau d’une demi-heure à chaque idée, mais si vous êtes prévu pour trente minutes, ne préparez formellement que dix minutes solides – car vous serez interrompu. De nombreux cadres supérieurs peuvent rapidement « voir » la majeure partie de l’idée, et ils vous interrompront soit pour clarifier les parties qu’ils ne peuvent pas voir, soit pour vous demander ce qu’ils pensent devoir faire. Répondre aux questions en cours de présentation vous permet ainsi de purger immédiatement les sujets qui pourraient leur poser problème.

Comme toujours, le secret d’une communication réussie réside dans sa préparation.

Photo en haut : De gauche à droite : Jean-Pierre Nadir, Delphine André, Marc Simoncini, Éric Larchevèque et Anthony Bourbon de l’émission “Qui veut être mon associé ?” (saison 3) sur M6. © Pierre-Olivier / M6


Guilty Pleasure

© 2021 20th Television

Il est rare de trouver une série qui fait autant l’unanimité des critiques et du public. “Dopesick” relate le plus gros scandale sanitaire américain de ces 20 dernières années : la crise des opioïdes. L’Amérique est devenue accro à un antidouleur d’une redoutable efficacité, l’OxyContin, provoquant un demi-million de morts par overdose.

Cette série choc raconte comment un laboratoire pharmaceutique a pu pendant des années répandre impunément ce fléau avant d’être enfin coincé par la justice. On y découvre entre autres comment ils ont menti et manipulé leurs salariés, les médecins et les patients en s’appuyant sur les effets de cascade et l’influence sociale. Malgré les premières alertes, tout le monde se convainc que tout va bien et la cupidité fait le reste.

“Dopesick” est à voir sur Disney+.


Citation

photo : Nadar © Maison de Victor Hugo

« Soyez comme l’arbre, changez vos feuilles, mais jamais vos racines. Vous pouvez changer vos opinions, mais jamais vos principes. »

Victor Hugo

Vous voulez développer vos compétences en management, communication ou prise de parole ? Contactez-moi ici pour un coaching individuel ou une formation en groupe.


Merci d’avoir lu ma newsletter.
Pour encore plus d’inspiration et de conseils pratiques en management, communication et prise de parole en public : consultez mes précédents articles ici.
Si cette newsletter vous a été transférée, abonnez-vous :

Inscrivez-vous à la newsletter Tout Bouge

Recevez votre dose mensuelle d’idées en Communication et Leadership.
Pas de spam. Fréquence mensuelle.


Optimisez vos présentations à des dirigeants

Le 15 avril 2022, je répondais aux questions du podcast Legal Club Sandwich 🥪 où je partageais des conseils pour réussir vos présentations à des dirigeants. 

Que vous soyez juristes ou non, ces conseils devraient vous être utiles pour toutes vos présentations à des publics importants. Découvrez ce nouvel épisode passionnant et … fun !

🖥 Regardez le replay sur Youtube : https://youtu.be/bx6q32xlJ2g

🎧 Écoutez l’épisode en podcast : https://bit.ly/3Mfm2dH

Un grand merci à Pierre LandyLyndia Lesauvage et Audrey Déléris pour leur invitation.

Inscrivez-vous à la newsletter Tout Bouge

Recevez votre dose mensuelle d’idées en Communication et Leadership.
Pas de spam. Fréquence mensuelle.


photo d'Amy Webb sur scène en train de faire sa présentation au SXSW 2019

Décryptage d’une prise de parole parfaite

La futurologue Amy Webb, fondatrice du Future Today Institute et professeure à la New York University Stern School of Business a présenté le 9 mars dernier son rapport “Tech Trends 2019” lors du festival SXSW à Austin, Texas. 

Sa présentation est si brillante, tant sur le fond que sur la forme, que je fais le pari que vous serez totalement captivé par son propos.

En une seule prise de parole, elle parvient à lancer toute sa campagne marketing de l’année 2019 : elle démultiplie la visibilité de ses activités, génère des leads et vend son nouveau livre. Voilà un parfait exemple de l’intérêt d’investir du temps dans la préparation d’une conférence car les effets bénéfiques pour son activité sont nombreux.

Décryptage d’une prise de parole réussie :

Comment Amy Webb parvient-elle à engager son auditoire avec autant d’efficacité ? 

Ici, pas de talent spécifique ! Seulement, le résultat d’un travail réalisé avec méthode et d’un entrainement effectué avec discipline. Depuis la construction de son discours jusqu’à sa mise en forme, rien n’est laissé au hasard.Et pourtant, sa prestation semble tellement vivante.

Sur le fond, on relève 5 techniques percutantes et sur la forme 4 points forts !

1 – Une connaissance parfaite de ses cibles prioritaire et de leurs besoins

Dès le début, elle présente l’activité de son institut et ses clients principaux, les grandes entreprises des classements « Fortune 100 » et « Global 1000 companies ». Puis l’administration publique : « Government agencies » and « Military ». Enfin l’industrie du divertissement : « Tv and Film ». C’est très malin car elle réussit un 2 en 1. Elle nous rassure quant à la portée de ses propos puisque toutes ces organisations lui font déjà confiance. Et si nous faisons partie de ses prospects nous pouvons nous projeter comme futur client de son agence de consulting.

Après avoir défini ses cibles prioritaires, elle leur démontre combien elle maitrise leurs problématiques en verbalisant régulièrement leurs pensées et préoccupations : « Vous vous demandez comment… », « Je sais ce que vous êtes en train de vous dire… ».

2 – Une introduction et une conclusion sobres et concises

L’introduction est composée de deux parties : un préambule et l’introduction elle-même.

Pendant les 2’25’’ (2 min. 25) du début, elle pose toutes les informations essentielles de sa conférence : qui je suis et ce que je fais en 3 points, qui vous êtes et quels sont vos besoins en 3 points et ce que nous pouvons faire ensemble. Dans ce dernier point, elle appelle déjà son auditoire à l’action. Elle partage également le sens de son action par l’exposition de sa mission : « The only way we’re going to a place that we’re all happy in the future, is for all making the smarter decisions in the present.” 

Puis de 2’25’’ à 8’, elle présente les principes généraux qui transcendent toute l’étude et qui permettront ainsi à chacun de se l’approprier.

La conclusion dure moins de 3 minutes et contient tout : un résumé de son étude, un rappel de son appel à l’action (« you have the power to make some good reasonable changes », « download the 2019 report and make it yours for free ») et la promotion de son nouveau livre « The Big Nine ».

3 – Une sélection de thèmes pertinents

Tout d’abord, il est important de noter que le cœur de son activité, la connaissance et la prédiction du futur, est une préoccupation de tous les humains et de toutes les organisations. Le thème général est déjà très porteur.

Parmi les 315 tendances qu’elle a identifiées, elle n’en livre qu’une trentaine et de façon très synthétique. Mas le brio réside dans les critères de choix tenant compte des problématiques de ses clients prioritaires : les grandes entreprises. Elle présente d’abord le cas Wallmart / Amazon qui a le mérite de ne pas exclure le reste de l’auditoire. Puis elle aborde le thème de la collecte de données personnelles et biométriques, qui concerne tout le monde sans exception.

4 – Aucun terme technique

Bien qu’elle traite de sujets complexes, elle parvient à se faire comprendre par le plus grand nombre. Elle n’emploie jamais de termes techniques ou d’acronymesqui excluent une partie du public. Elle s’assure ainsi d’inclure tout le monde quel que soit son niveau de culture générale technologique.

5 – Transitions soignées

Parce que sa pensée est claire, elle la déroule avec facilité. Et pourtant, cela est certainement le résultat de nombreuses heures de travail d’écriture et de réécriture.On reconnaît les présentations bien préparées quand les transitions sont soignées.

6 – Très grande maitrise

La durée de sa conférence est d’une heure, ni plus, ni moins. C’est le signe d’une grande maitrise de ce qu’elle est en train de faire. Elle ne fait jamais d’erreur, ni dans le choix des mots, ni dans le déroulé de sa pensée, ni dans l’affichage des slides. Elle n’hésite jamais et tous ses mots justes et pertinents. De toute évidence, elle a énormément répété son intervention en amont.

7 – Naturelle et enthousiaste

C’est parce qu’elle s’est très bien préparée qu’elle peut se sentir à l’aise sur scène malgré le trac. Elle peut nous communiquer sa passion pour les sujets qu’elle étudie. Amy Webb est authentique et sa prise de parole est naturelle. Une base solide pour créer un lien de confiance entre l’auditoire et l’oratrice. 

8 – Conversation avec le public

Bien que le public soit très nombreux, Amy Webb parvient à créer une conversation avec lui. Toutes les 4 à 5 minutes, elle pose des questions auxquelles ils répondent en levant la main. Elle les stimule avec des formules teasing : « This is gonna blow your mind ». Elle fait de l’humour (slide de chats). Elle s’amuse des réactions du public : « Don’t laugh cynically, I feel you ». Elle joue la carte de la complicité malicieuse : « Yes, clap ! That’s good, I love the applause ».

9 – Des slides élégants et efficaces

Parfois, on peut noter certains slides avec trop de messages mais leur design coloré et leur simplicité les rend très attrayants. Sa directrice artistique a réalisé un travail incroyable de conception de cette présentation. A travers ses slides, on perçoit d’autres qualités professionnelles et personnelles d’Amy Webb : modernité, simplicité, efficacité, intelligence et élégance.

C’est beaucoup de travail pour parvenir à ce résultat, mais au regard de tous ses enjeux marketing et commerciaux pour développer son activité, ça en vaut la peine, non ?

Pour accéder au rapport d’Amy Webb « Tech Trends 2019 », cliquez ici.

La bonne nouvelle c’est que tout le monde peut maîtriser les techniques pour concevoir un pitch convaincant et devenir un orateur passionnant. Si vous aussi, vous avez envie de vous dépasser pour présenter votre prochain projet, contactez-moi. 

En vous souhaitant beaucoup de succès dans vos projets 🏆

Inscrivez-vous à la newsletter Tout Bouge

Recevez votre dose mensuelle d’idées en Communication et Leadership.
Pas de spam. Fréquence mensuelle.


photo de Jacques Lecoq

Qui étaient les premiers professionnels à développer leurs « soft skills » il y a 2500 ans ?

Les acteurs, les auteurs, les troupes de théâtre… ces satanés saltimbanques ont été les premiers à comprendre combien les compétences comportementales étaient essentielles pour mener à bien leurs projets artistiques tant sur le plan de la gestion des affaires que des relations humaines : management, leadership, collaboration, confiance, délégation, écoute, assertivité, bienveillance, remise en cause… tous ces talents loués aujourd’hui dans le monde de l’entreprise. Si vous avez déjà pris un cours de théâtre, vous savez de quoi je parle.

Ce qui a été découvert et pratiqué de façon empirique pendant des siècles, a été pensé et théorisé par de grands pédagogues de l’art dramatique tels que Constantin Stanislavski, Jacques Copeau, Louis Jouvet, Sandford Meisner ou Jacques Lecoq pour ne citer que les plus fameux d’entre eux. 

Les récentes recherches en psychologie sociale, neurosciences et intelligence émotionnelle confirment leurs observations et leurs théories avec des preuves scientifiques de plus en plus étayées. 

Finalement, ce qui nous constitue en tant qu’être humain demeure immuable depuis des générations. Nos besoins et les ressorts de notre motivation sont semblables à ceux qui nous ont précédés. Si la technologie influence nos comportements, elle n’a pas le pouvoir de modifier notre nature humaine profonde.

A l’heure où les progrès scientifiques sont exponentiels, où une technologie en remplace une autre en un claquement de doigts, nos savoir-faire techniques deviennent caducs en l’espace de quelques mois. Datas, intelligence artificielle, algorithmes révolutionnent le marché de l’emploi. Une étude de l’Université d’Oxford révèle que la moitié des emplois actuels devrait disparaître laissant place à de nouveaux.

Que nous reste-t-il ? Notre capacité à nous adapter au changement et notre imagination. C’est là que nous devons faire appel à nos compétences comportementales pour embrasser les évolutions inévitables auxquelles la science nous confronte. Tel l’acteur qui s’entraîne à mêler ses techniques de jeu avec sa capacité d’être à l’écoute du moment présent, le travailleur devient un homme-orchestre qui apprend à désapprendre tout en cultivant son agilité face aux changements de son environnement. La création et la communication, fondations de l’art oratoire, sont les soft skills de plus en plus recherchées et que les machines ne pourront pas imiter.  

Dans un sondage récent mené par ManpowerGroup auprès de 2 000 employeurs, plus de 50% des organisations ont indiqué que la résolution de problèmes, la collaboration, le service clientèle et la communication étaient les compétences les plus valorisées. De même, un rapport récent de Josh Bersin indique que les employeurs sont aujourd’hui aussi susceptibles de sélectionner des candidats pour leur adaptabilité, leur culture et leur potentiel de croissance que pour les compétences techniques recherchées (python, analytique, informatique en nuage, par exemple). En outre, des employeurs tels que Google, Amazon et Microsoft ont souligné l’importance de l’apprentissage – la curiosité et l’esprit affamé – en tant qu’indicateur clé du potentiel de carrière. Cela est probablement dû à l’accent mis de plus en plus sur la formation des employés – un rapport indique que les entreprises américaines ont dépensé plus de 90 milliards de dollars pour cela en 2017.

Extrait de l’article paru dans la Harvard Business Review “Does Higher Education Still Prepare People for Jobs?” de Tomas Chamorro-Premuzic et Becky Frankiewicz

C’est en devenant l’acteur de sa propre formation, toujours en mouvement, en quête de nouvelles compétences comportementales que le travailleur du 21esiècle peut faire face aux bouleversements actuels et à venir. Le savoir est la seule voie possible pour nous libérer de nos peurs et nous dépasser. Chacun peut être l’artisan de sa quête de connaissances et progresser en tirant avantage des défis que la vie lui présente aujourd’hui et demain. Car tout est en mouvement perpétuel. Tout bouge !

Tout bouge.
Tout évolue, progresse.
Tout se ricochette et se réverbère.
D’un point à un autre, pas de ligne droite.
D’un port à un port, un voyage. 
Tout bouge, moi aussi !

Extrait d’un poème de Jacques Lecoq in « Le corps poétique » (Actes Sud)


Si vous êtes intéressé pour développer vos compétences en management, en communication ou en prise de parole en publiccontactez-moi ici pour un coaching individuel ou une formation en groupe.


Merci d’avoir lu ma newsletter.
Pour encore plus d’inspiration et de conseils pratiques en management, communication et prise de parole en public : consultez mes précédents articles ici.
Si cette newsletter vous a été transférée, abonnez-vous :

Inscrivez-vous à la newsletter Tout Bouge

Recevez votre dose mensuelle d’idées en Communication et Leadership.
Pas de spam. Fréquence mensuelle.


Obtenez de meilleurs résultats dans votre travail avec la présentation des vœux de nouvel an

Ce que vous pensiez être un pensum est en réalité une opportunité de mieux travailler avec vos collègues et vos clients

Pour eux comme pour vous, ces fêtes ont été l’occasion de retrouver les familles et les amis, de prendre un peu de recul par rapport au travail et de réfléchir à ses propres objectifs. Et si les entretiens annuels d’évaluation ont eu lieu quelques semaines plus tôt, chacun revient avec une vision encore plus claire de ce qu’il a à accomplir en 2019.

La présentation des vœux s’accompagne souvent d’un cocktail ou d’un déjeuner. C’est le moment idéal pour porter un intérêt sincère à vos collègues, collaborateurs, supérieurs et clients. Quelle meilleure occasion pour les interroger sur leurs enjeux et problématiques de l’année à venir ! Plus vous connaîtrez leurs objectifs, plus vous les comprendrez, plus vous pourrez anticiper leurs besoins, meilleurs seront vos collaborations et vos résultats en 2019.

Le principe est simple : l’autre doit toujours être au coeur de vos préoccupations.

La même règle s’applique si c’est à vous que revient la charge du discours du prochain pot « galette des rois/ vœux 2019 ». Pour vous assurer d’emporter l’adhésion de votre auditoire : commencez votre intervention en exprimant votre reconnaissance du travail effectué en 2018. Puis abordez immédiatement les thèmes qui préoccupent votre public en 2019. Enfin, concluez par vos vœux. Il n’y a strictement rien d’autre à dire alors remisez votre ego dans votre poche, inutile de parler de vous, de vos exploits passés ou de vos projets futurs. Si vous êtes sincère et authentique, vous serez surpris de la qualité des feedbacks.

Au début des années 2000, les analystes et les journalistes s’étonnaient de la croissance simultanée des activités de loisirs extérieurs (parcs à thèmes, croisières, cinéma, théâtre) et intérieurs (home video, jeux vidéo, internet, télévision) de The Walt Disney Company. Son PDG Michael Eisner livrait une explication simple et pleine de bon sens : les loisirs à domicile ne chasseront jamais les divertissements en groupe car l’Homme possède un instinct grégaire. Se retrouver et partager des moments ensemble est un besoin humain, vital et universel. Mariages, funérailles, baptêmes, anniversaires sont autant de cérémonies qui rythment nos vies.

Les entreprises, elles aussi, comptent sur les cérémonies pour anticiper les nouveaux débuts, délimiter les fins et aider tout le monde à comprendre ou à gérer les changements à venir.

Pour aller plus loin dans votre réflexion, je vous invite à lire cet article de la Harvard Business ReviewWhy Your Company Needs More Ceremonies, où Patti Sanchez décrit les bénéfices des événements et des rituels en entreprise.


Illustration de Jonathan Valiente © Duarte

Parce qu’on ne réussit jamais seul, je tiens à vous remercier très chaleureusement pour votre confiance en 2018.

Que 2019 soit pour vous synonyme de progrès, de succès professionnels et que vous soyez comblé dans votre vie personnelle. Je vous adresse mes meilleurs vœux de bonheur et de bonne santé ! ✨

Photo en haut : Illustration de Jonathan Valiente © Duarte


Si vous êtes intéressé pour développer vos compétences en management, en communication ou en prise de parole en publiccontactez-moi ici pour un coaching individuel ou une formation en groupe.


Merci d’avoir lu ma newsletter.
Pour encore plus d’inspiration et de conseils pratiques en management, communication et prise de parole en public : consultez mes précédents articles ici.
Si cette newsletter vous a été transférée, abonnez-vous :

Inscrivez-vous à la newsletter Tout Bouge

Recevez votre dose mensuelle d’idées en Communication et Leadership.
Pas de spam. Fréquence mensuelle.