Qui étaient les premiers professionnels à développer leurs « soft skills » il y a 2500 ans ?

Les acteurs, les auteurs, les troupes de théâtre… ces satanés saltimbanques ont été les premiers à comprendre combien les compétences comportementales étaient essentielles pour mener à bien leurs projets artistiques tant sur le plan de la gestion des affaires que des relations humaines : management, leadership, collaboration, confiance, délégation, écoute, assertivité, bienveillance, remise en cause… tous ces talents loués aujourd’hui dans le monde de l’entreprise. Si vous avez déjà pris un cours de théâtre, vous savez de quoi je parle.

Ce qui a été découvert et pratiqué de façon empirique pendant des siècles, a été pensé et théorisé par de grands pédagogues de l’art dramatique tels que Constantin Stanislavski, Jacques Copeau, Louis Jouvet, Sandford Meisner ou Jacques Lecoq pour ne citer que les plus fameux d’entre eux. 

Les récentes recherches en psychologie sociale, neurosciences et intelligence émotionnelle confirment leurs observations et leurs théories avec des preuves scientifiques de plus en plus étayées. 

Finalement, ce qui nous constitue en tant qu’être humain demeure immuable depuis des générations. Nos besoins et les ressorts de notre motivation sont semblables à ceux qui nous ont précédés. Si la technologie influence nos comportements, elle n’a pas le pouvoir de modifier notre nature humaine profonde.

A l’heure où les progrès scientifiques sont exponentiels, où une technologie en remplace une autre en un claquement de doigts, nos savoir-faire techniques deviennent caducs en l’espace de quelques mois. Datas, intelligence artificielle, algorithmes révolutionnent le marché de l’emploi. Une étude de l’Université d’Oxford révèle que la moitié des emplois actuels devrait disparaître laissant place à de nouveaux.

Que nous reste-t-il ? Notre capacité à nous adapter au changement et notre imagination. C’est là que nous devons faire appel à nos compétences comportementales pour embrasser les évolutions inévitables auxquelles la science nous confronte. Tel l’acteur qui s’entraîne à mêler ses techniques de jeu avec sa capacité d’être à l’écoute du moment présent, le travailleur devient un homme-orchestre qui apprend à désapprendre tout en cultivant son agilité face aux changements de son environnement. La création et la communication, fondations de l’art oratoire, sont les soft skills de plus en plus recherchées et que les machines ne pourront pas imiter.  

Dans un sondage récent mené par ManpowerGroup auprès de 2 000 employeurs, plus de 50% des organisations ont indiqué que la résolution de problèmes, la collaboration, le service clientèle et la communication étaient les compétences les plus valorisées. De même, un rapport récent de Josh Bersin indique que les employeurs sont aujourd’hui aussi susceptibles de sélectionner des candidats pour leur adaptabilité, leur culture et leur potentiel de croissance que pour les compétences techniques recherchées (python, analytique, informatique en nuage, par exemple). En outre, des employeurs tels que Google, Amazon et Microsoft ont souligné l’importance de l’apprentissage – la curiosité et l’esprit affamé – en tant qu’indicateur clé du potentiel de carrière. Cela est probablement dû à l’accent mis de plus en plus sur la formation des employés – un rapport indique que les entreprises américaines ont dépensé plus de 90 milliards de dollars pour cela en 2017.

Extrait de l’article paru dans la Harvard Business Review “Does Higher Education Still Prepare People for Jobs?” de Tomas Chamorro-Premuzic et Becky Frankiewicz

C’est en devenant l’acteur de sa propre formation, toujours en mouvement, en quête de nouvelles compétences comportementales que le travailleur du 21esiècle peut faire face aux bouleversements actuels et à venir. Le savoir est la seule voie possible pour nous libérer de nos peurs et nous dépasser. Chacun peut être l’artisan de sa quête de connaissances et progresser en tirant avantage des défis que la vie lui présente aujourd’hui et demain. Car tout est en mouvement perpétuel. Tout bouge !

Tout bouge.
Tout évolue, progresse.
Tout se ricochette et se réverbère.
D’un point à un autre, pas de ligne droite.
D’un port à un port, un voyage. 
Tout bouge, moi aussi !

Extrait d’un poème de Jacques Lecoq in « Le corps poétique » (Actes Sud)


Tout le monde peut se dépasser en devenant un orateur convaincant et charismatique grâce aux meilleures techniques de l’art dramatique et du marketing. Si vous avez besoin d’aide, contactez-moi.